‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 149 sur 232 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

empêche d'être charitable ? Quand la dynastie reviendra , elle n'aura pas de reproche à vous faire , du moins.

MADAME DUPOIS.

Quand la dynastie reviendra ! Vous pensez donc qu'elle reviendra?

MADEMOISELLE PITOU

Belle question ! Si vous n'étiez pas révolutionnaire....

Rien ne me paraît plaisant comme votre obstination à m'appeler révolutionnaire. Le mot est affreux.

MADEMOISELLE PITOU

Quoi ! vous ne l'êtes pas ?

MADAME DUPUIS

J'en suis à cent lieues.

MADEMOISELLE PITOU

Alors c'est donc vrai que ce que vous appelez la cour ne travaille que pour ramener la dynastie?

MADAME DUPUIS

Pas le moins du monde.

MADEMOISELLE PITOU

Dans ce cas-là , je ne me trompais pas ; vous êtes pour la révolution.

ix. 18

MADAME DUPUIS

Seulement dans ce qu'elle a de raisonnable.

MADEMOISELLE PITOU

Je n'y comprends rien. Une révolution raisonnable aurait commencé par rappeler la dynastie. Vous riez. N'est-ce pas que c'est à cela qu'on vise ? Vous ne voulez pas en convenir ; mais avec moi , avec votre tante qui ne vit que dans cette espérance-là, si vous en savez quelque chose, dites-lemoi. En effet, pourquoi destituerait-on les gens qui se sont associés pour empêcher le retour de nos maîtres?

MADAME DUPUIS

Parce qu'un gouvernement ne doit pas permettre qu'il se forme un gouvernement dans le gouvernement.

MADEMOISELLE PITOU

Ainsi votre gouvernement serait contre la dynastie et contre ceux qui n'en veulent pas ! Tenez , ma chère petite , parlons plutôt d'autre chose.

MADAME DUPUIS

Comment ! ma tante, vous ne comprenez pas qu'on puisse se tenir entre les deux extrêmes.

MADEMOISELLE PITOU

En voilà assez ; en voilà assez. Je sais bien qu'on

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