‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 157 sur 232 · SCENE IV ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCENE IV ET DERNIERE

MADAME FONTAVILLE.

Est-ce nous qui avons rompu? Si vous avez des ministres , nous les gênerions ; et c'est encore un souvenir d'amitié que de leur épargner cette contrariété chez vous. Tous les ministres ont la même maladie; il y a des instans où je crois que cela tient aux murs des ministères. A chaque changement, il faudrait peut-être les gratter et les reblanchir , comme on fait pour les écuries. On fait tant de dépenses inutiles ; on devrait essayé celle-là.

MADAME DUPUIS

Sans plaisanterie, tâchez que votre mari reste à ma soirée. S'il ne le fait pas, je ne lui pardonnerai de ma vie.

FRANÇOIS

Mademoiselle Hortense demande si Madame va s'habiller.

MADAME DUPUIS

Oui, oui, tOUl de suite. ( A madame Fontaville.) Il ne

faut pas que cela vous chasse.

MADAME FONTAVILLE.

Je m'en allais.

MADAME DUPUIS

A après-demain , donc.

MADAME FONTAVILLE.

A après-demain.

( Elle sorl.)

MADAME DUPUIS , seule.

Le monde est vraiment étrange ! Pour ma tante, je suis révolutionnaire; pour Mélanie et les siens je vise à l'aristocratie ; et cela tout simplement parce que je tiens à un gouvernement oîi je vais à la Cour, et sous lequel mon mari fait d'excellentes affaires. C'est-là tout mon juste milieu; je ne donnerais pas un cheveu du reste. Que la France se plaigne d'avoir été trompée, elle a peut-être raison ; mais nous ne sommes pas la France.

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