SCÈNE IL
MADELAINE, et un peu après SIMON.
MADELAINE, seule.
Nous serons bien heureux, oui, si madame la marquise n'a pas troublé l'accord de la maison avant son départ. J'ai peur qu'elle n'ait pour mademoiselle Léonide des vues qui ne s'accorderaient pas avec des arrangemens que je crois arrêtés; mais Madame est si raisonnable et si ferme dans ses volontés, tout en paraissant céder toujours, que cela ne laisse pas que de me rassurer. ( A Simon qui entre. ) Vous voilà à propos , monsieur
Simon ; aidez-moi un peu à pousser ce canapé
auprès de la cheminée.
SIMON
Avec plaisir, mademoiselle Madelaine.
MADELAINE
C'est pour votre maîtresse , au moins ; sans cela je n'aurais pas osé vous le demander. Est-ce que chez vous, à Paris, elle est toujours couchée comme ici ?
SIMON
Madame ne s'occupe jamais, de façon que pour faire quelque chose elle change de place à chaque instant; elle va, elle vient,, elle s'assied sur un siège , et puis sur un autre ; elle essaie des chiffons ; elle se mire dans toutes les glaces. Ici vos glaces sont trop élevées ; voilà à coup sûr pourquoi elle reste couchée sur un canapé.
MADELAINE
Et que ce soit la sœur de madame !
SIMON
Oui. N'est-ce pas que c'est drôle? Votre maîtresse qui me paraît une personne si sans façon, si peu coquette.
MADELAINE
Ah dam ! pour mener une maison comme celleci , on n'a pas le temps de perdre du temps.