MADAME DE GENNET1NES
Ce qui me faisait dire cela , c'est que pour une providence je la trouve bien misérablement meublée. Il n'y a rien de comfortable chez elle; pas seulement une glace à pied. Je ne l'ai pas surprise; elle savait que je devais venir ici; elle aurait dû s'informer de ce qu'il est indispensable d'avoir,
3?.o LES DEUX SOEURS.
quand on reçoit quelqu'un qu'on a intérêt de bien
recevoir.
FERNAND
Madame la marquise , nous autres , gens de campagne, nous sommes de singulières gens; quand nous traitons nos amis comme nous voudrions être traités chez eux , nous ne croyons pas qu'il puissent demander davantage.
MADAME DE GENNETINES.
Il ne faut pourtant pas perdre de vue, monsieur Fernand, que, par ma position dans le monde, je puis être fort utile à l'établissement de Léonide ; que par conséquent les égards qu'on me montrerait ne seraient pas tout-à-fait en pure perte. Mon organisation est pitoyable , je le sais bien; je suis trop petite maîtresse ; on m'a tant gâtée ! Car j'ai été très-jolie; vous ne vous en douteriez pas.
FERNAND
Mais je suis certain que vous l'êtes encore.
MADAME DE GENNETJNES.
Oh! non. J'étais trop sensible ; la sensibilité m'a tuée. Il faut que je vous montre un portrait de mon bon temps; il est dans ma chambre; je vais vous le chercher. Vous me direz si vous y retrouvez encore quelque chose. Mes flatteurs prétendent qu'il a l'air fait d'hier; mais je ne les crois pas.
(Elle sort.)