SCÈNE X
FERNAND, et un peu après LÉONIDE.
Je ne connais rien d'insupportable comme d'avoir affaire à quelqu'un qui ne parle que de soi. On ne sait que dire. Que me veut-elle ? et que m'importe sa beauté d'autrefois ?
LÉONIDE
Il paraît que vous vous plaisez beaucoup avec ma tante, monsieur Fernand.
FERNAND
Beaucoup, c'est le mot. Mais je crois cependant que si elle n'était pas votre tante, je n'aurais pas tout-à-fait autant de patience que j'en ai avec elle.
LÉONIDE
Pourquoi avez-vous de la patience ? qui vous prie d'en avoir? Personne ne vous y force. Tâchez plutôt de lui déplaire. Savez-vous ce qui arrive pendant ce temps-là? C'est que M. de Normont me fait de petites confidences sur un mariage pour moi qui le rendrait le plus heureux des hommes. Il craint bien que vous n'y mettiez quelque obstacle ; mais il espère que ma tante trouvera moyen de parer à cela. Et il rit; et il est charmant.