SCÈNE XII
madame DELORME, FERNAND , LÉONIDE , madame de GENNETINES.
(Colle dernière s'arrèle un instant à la porte, et cache une miniature qu'elle tient à la main. )
Je vous croyais à table.
MADAME DELORME
Sans vous, ma sœur.
MADAME DE GENNETINES.
Contrariée comme je le suis r ce n'est pas ce (|ue je mangerai qui vaut la peine de changer de place.
MADAME DELORME
Qu'est-ce donc qui vous contrarie?
MADAME DE GENNETINES.
Tout, ma sœur. Et quand il n'y aurait que de voir mes gens assassinés par les vôtres.
MA DAM E DELORME
L'accident de votre cocher n'aura aucune suite.
MADAME DE GENNETINES.
Excepte pour le paysan qui s'est battu contre lui , car je viens de lui faire signifier son congé par ma femme de chambre.
MADAME DELORME
Vous êtes plus prompte que moi à faire signifier des congés.
MADAME DE GENNETINES.
Il me semble que c'est une satisfaction qui m'est bien due. Je déjeunerai ici. Mon domestique me mettra une petite table, et vous m'enverrez ce que vous voudrez.
MADAME DELORME
A la bonne heure.
( Elle va pour sortir avec Fernand et Léonide. ) MADAME DE GENNETINES.
J'espère que vous n'allez pas me laisser toute seule , et que quelqu'un au moins restera avec moi. J'aurais l'air d'être en pénitence.
LÉONIDE
Voulez-vous qu'on vous envoie M. de Normont ?
MADAME DE GENNETINES.
Non , ma chère amie. Que voulez-vous que je dise à M. de Normont? Quand on ne mange pas , on aime à avoir à qui parler. Si M. Fernand veut me tenir compagnie..,