‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 191 sur 232 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

madame de GENNETINES , LE GÉNÉRAL, FERNAND.

LE GÉNÉRAL

Madame la marquise, je n'ai voulu paraître devant vous que sous les auspices de mon fils , pour lequel je sais que vous avez infiniment de bontés.

Je ne fais que lui rendre justice , général ; mais si je me fusse attendue à une visite d'apparat comme celle-ci , je ne me serais pas permis de vous recevoir dans un aussi grand négligé.

LE GÉNÉRAL

Le fait est , madame la marquise , que , depuis la mort de ma femme , pour éviter de me mettre en noir comme un notaire ou un avocat, je ne quitte plus le harnais militaire.

MADAME DE GENNETINES.

Je suis plus rigoureuse que vous. Dans mes

34o LES DEUX SOEURS.

deux veuvages , il ne m'est pas venu un seul instant l'idée de transiger avec la sévérité de mon costume. Il faut dire que je suis blonde, et que le grand deuil est le fard des blondes.

LE GÉNÉRAL

C'est tout différent.

FERNAND

Vous savez , mon père, que j'ai une répétition ce matin pour le concert de lundi.

LE GÉNÉRAL

Allez , allez , mon fils. Comme c'est en l'honneur de madame la marquise que ce concert doit se donner , je me garderai bien d'y mettre des entraves.

FERNAND, à part, en s'en allant.

Ils pourront parler deuil tout à leur aise.

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