‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 194 sur 232 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Moi ! non , je ne crois pas être dissipateur ; mais on pensait peut-être que je pourrais dénaturer les biens de ma femme ; et pour des gens de province, des biens de famille , c'est l'arche sainte. Qu'ils rapportent ou qu'ils ne rapportent pas, c'est égal; ce sont des biens de famille. De quoi a-t-on besoin avant tout, cependant? de revenus, n'est-il pas vrai ?

MADAME DE GENNETINES.

De revenus , de revenus ! vous avez raison. Je ne connais que cela , moi.

LE GÉNÉRAL

Dès lors vous voyez que je ne devais mettre aucun intérêt à avoir un enfant ou à ne pas en avoir.

MADAME DE GENNETINES.

Etant séparé de biens , c'est vrai.

LE GÉNÉRAL

Il en est venu un cependant qui est beaucoup plus riche que moi aujourd'hui.

MADAME DE GENNETINES.

Sa mère était-elle agréable ?

LE GÉNÉRAL

De figure, peut-être que oui; mais femme d'ordre, femme de ménage, femme sérieuse, sédentaire,

aimant la lecture, presque savante. C'est elle qui a commencé l'éducation de son fils.

Si vous n'avez pas été amoureux d'elle, je vous le pardonne alors.

LE GÉNÉRAL

Dans tous mes commandemens,soit en France, soit à l'étranger, j'ai connu tant de femmes charmantes !

MADAME DE GENNETINES.

Il est sûr que quand on revient après cela auprès d'une femme comme madame Delorme, par exemple.

LE GÉNÉRAL

Tenez, je cherchais à vous donner une idée de ma femme; vous l'avez trouvée.

MADAME DE GENNETINES.

Une femme sans élégance ne me paraît même pas une femme.

LE GÉNÉRAL

Oui, oui, il faut qu'une femme soit gaie, toujours de bonne humeur; sans cela, que voulezvous qu'on lui dise?

MADAME DE GENNETINES.

Quand on a un mari qui convient, qui est plein

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