SCÈNE XVII
madame DELORME, M. de NORMONT, LÉONIDE.
Je parierais que madame de Gennetines ne quitte le salon que pour me laisser le champ libre.
MADAME DE LORME
Je vous assure, monsieur de Normont, que je n'ai rien à vous répondre.
M. DENORMONT.
Laissez - moi vous dire au moins que mon neveu est un des plus jolis cavaliers de France, et qu'une fois l'ordre revenu , il est destiné à aller à tout.
MADAME DELORME
Avec de tels avantages, comment êtes-vous si embarrassé?
M. DE JVORMONT.
Je ne suis pas embarrassé. Lié avec madame de Gennetines , et sachant combien elle désire ce mariage...
MADAME DELORME
Elle ne m'en a pas parlé.
M. DE NORMONT.
J'ai ses pleins pouvoirs. Un mot de consente-
ment de votre part, et vous serez étonnée de ce qu'elle prétend faire pour sa nièce.
MADAME DELORME
Nous ne lui demandons rien .
M. NORMONT.
Elle ie sait de reste; mais lui feriez- vous la guerre parce qu'elle voudrait se comporter en bonne parente? Je connais son cœur comme le mien; elle me Ta expliqué tant de fois ! Madame de Gennetines serait la personne du monde la plus généreuse, si elle ne craignait pas autant de faire des ingrats. Je l'ai vue au moment de se laisser aller à des extravagances d'abandon. '< Attendez un peu, lui disais-je, il faut voir. » Elle a la plus grande confiance en moi , elle a entendu , elle s'en est bien trouvée.
MADAME DELORME
Je suis tout-à-fait de votre avis; on ne doit jamais s'abandonner à des extravagances.
M. DE NORMONT.
Madame de Gennetines est une personne qu'on n'apprécie pas assez. Excepté moi, elle a à se plaindre de tous les gens qu'elle connaît; enfin, vous la jugerez par le mariage de votre fille.
MADAME DELORME
Avec votre neveu ?