‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 21 sur 232 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

LES PRlÊCÉDENS , LAURENT ; ON peu après MADAME DUFOUR.

LAURENT , à madame de Berthenais.

Une dame qui demande après Madame.

MADAME DE BERTHENAIS.

Cestsans doute madame Dufour. (Allant à la porte.) Justement. Entrez , entrez, madame Dufour. (A l'archevêque. ) Mon oncle , Madame est une marchande de dentelles qui va vous faire voir un rochet. l'archevêque.

Mais j'en ai plus qu'il ne m'en faut.

MADAME DE BERTHENAIS.

Vous n'avez rien de moderne , et c'est comme si vous n'aviez rien. Vous nous montrerez tout de suite ce que vous avez de plus beau , madame Dufour, et M. Lovel nous donnera son goût. l'archevêque.

Madame Bouvard , faites - moi donc le plaisir d'aller chercher mes rochets pour qu'on puisse

au moins Comparer. (Madame Bouvard sort. ) Et VOUS ,

Laurent , dites qu'on ote cette table et qu'on en place une autre devant moi.

( Laurent fait venir des domestiques qui exécutent l'ordre de l'archevêque. )

MADAME DE BERTHENAIS.

Rien ne fait plus d'honneur à un prélat qu'un beau roche t , parce que c'est une chose que toutes les femmes peuvent apprécier.

MADAME BOUVARD

Voici ce que Monseigneur a demandé. (Elle range

les rochets sur le dos de plusieurs fauteuils. )

l'archevêque.

On ne peut pas dire le contraire , ces dentelles sont magnifiques.

MADAME DE BERTHENAIS.

Elles sont anciennes, mon oncle.

l'archevêque.

Mais je suis ancien aussi, moi.

MADAME DE BERTHENAIS.

Je ne sais pas pourquoi vous avez la fureur de vous vieillir.

l'archevêque.

Demandez à mes cheveux blancs.

MADAME DE BERTHENAIS.

Des cheveux blancs n'ont jamais rien signifié.

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