SCENE XITT
famille ? Il y a un siècle que vous me promettez ce portrait.
l'archevêque.
N'avez-vous pas celui que j'ai donné dans le temps à ma sœur, à votre grand'mère ?
MADAME DE BERTHENAIS, bas avec impatience à madame Bouvard.
Il va encore recommencer. Aidez -nous donc un peu , madame Bouvard , car nous n'en sortirons pas.
MADAME BOUVARD
Ce portrait-là, Monseigneur, ne peut plus être de mise aujourd'hui, vous n'étiez pas archevêque alors.
Non ; mais j'étais un jeune abbé, bien fringant, bien joli. ( il soupire.) Ah ! cela avait aussi son mérite.
MADAME DE BERTHENAIS.
Eh bien ! mon oncle , je vous trouve mieux à présent que vous n'êtes sur le portrait que j'ai.
M. LOVEL
Si c'est la peinture que j'ai vue chez vous, Madame, il n'y a pas de doute.
MADAME BOUVARD
Quand Monseigneur se donne la peine d'ofïiix. 3
34 LA MATINÉE D'UN PRÉLAT, cier lui - même , ce n'est qu'un cri dans la cathédrale. C'est seulement dommage que Son Éminence soit obligée d'être à jeun , comme de juste, parce que ça la rend un peu pâle; il ne lui manque que cela.
MADAME DE BERTHENAIS.
Et si mon oncle avait de plus beaux ornemens, ce serait bien autre chose encore l'archevêque.
Que voulez-vous donc que j'aie de plus beau , petite mondaine?
MADAME DE BERTHENAIS.
Je vous le dirai plus tard, cher oncle J'attends des marchands qui vont venir vous tenter.
L'ARCHEVÊQUE , souriant.
Ils ne me tenteront pas.
MADAME DE BERTHENAIS.
Nous verrons. D'abord je veux, pour votre portrait , tout ce qu'un archevêque peut avoir de plus beau.
MADAME BOUVARD
Madame, Monseigneur sera-t-il jusqu'en bas?
MADAME DE BERTHENAIS.
Oui , oui , en pied.
l'archevêque.
Vous êtes folle, petite.