SCÈNE I
M. VERMONT, madame VERMONT.
MADAME VERM®NT.
Enfin, Monsieur , vous devez être satisfait. M. Lori, votre gendre, veut bien s'en rapporter à la décision d'un tribunal de famille sur les griefs qu'il reproche à votre fille. Cet auguste tribunal s'assemble aujourd'hui, et , d'ici à une heure, nous allons avoir la comédie.
M. VERMONT
Peut - on appeler comédie une chose aussi sérieuse que celle-là ?
MADAME VERMONT
C'est vous qui l'avez rendue sérieuse. Si vous ne vous en fussiez pas mêlé , le mari et la femme se seraient arrangés comme cela arrive dans tous les ménages.
M. VERMONT
Je vous dis que non. Je n'avais marié ma fille, moi , que pour ne plus en être chargé , et c'est tout
le contraire. Je n'ai jamais été plus occupé d'elle que depuis qu'elle est madame Lori.
MADAME VERMONT
Bast ! bast ! vous avez été occupé d'elle parce que vous l'avez bien voulu.
M. VERMONT
C'est pour m'impatienter sans doute que vous feignez d'oublier jusqu'où M. Lori voulait pousser cette affaire. Vous savez pourtant qu'il avait porté plainte contre ma fille , et que , sans les démarches que j'ai faites, notre famille pouvait être livrée au plus affreux scandale.
MADAME VERMONT
Il n'y aurait pas eu plus de scandale qu'il n'y en a maintenant.
M. VERMONT
Mais alors pourquoi tant de gens viennent-ils me dire : « Quoi ! monsieur Vermont , vous laisserez poursuivre cette séparation ? vous ne chercherez pas à faire entendre raison à votre gendre? votre fille n'est-elle pas votre fille ? » Que répondre à cela ? je vous le demande.
MADAME VERMONT
C'est embarrassant.
M. VEKMONT.
Avouez que c'est embarrassant. Il y a beaucoup