‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 44 sur 232 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

de choses comme cela qu'on ne fait que pour les autres.

MADAME VERMONT

Et vous croyez que vous allez tout faire rentrer dans l'ordre au moyen de votre petit tribunal de famille ?

M. VERMONT

J'aurai fait du moins ce que je peux faire ; et , ma foi ! quand j'aurai donné cette satisfaction au public, il en adviendra ce qui pourra. Ce n'est pas que dans le fond de l'ame je ne préférasse voir ma fille et son mari vivre d'accord ensemble.

MADAME VERMONT

Ce serait mieux ; mais c'est impossible.

M. VERMONT

Parce que le mari est un entêté.

MADAME VERMONT

Et parce que la femme...

M. VERMONT

La femme , la femme est peut - être un peu légère ; encore n'est-ce pas tout-à-fait sa faute. Vous savez notre convention de ne jamais parler d'elle ensemble; tenons-nous-y, je vous le demande en grâce. Vous êtes la maîtresse d'assister ou de ne pas assister à cette assemblée de famille ; votre position vous autorise à ne faire là-dessus que ce ix. 6

que vous voudrez , puisque , quoique ma femme , vous n'êtes que la belle-mère de ma fille. Il est évident que vous n'avez jamais pu la souffrir.

MADAME VERMONT

A. quelle époque, je vous prie, aurais-je pu prendre de l'amitié pour elle ? Je ne l'ai presque jamais vue. C'était une très-grande fille quand vous m'avez épousée ; elle était au couvent , où déjà on en était assez embarrassé ; il fallait la marier bien vite. Il s'est présenté un. beau jeune homme , riche et assez sot , un mari comme on est trop heureux d'en trouver ; j'ai saisi l'occasion. Que pouvais-je faire de mieux ?

M. VERMONT

Il ne faut pas revenir sur le passé. Mais si , au lieu de ne la faire sortir du couvent que pour la marier, vous vous fussiez un peu mêlée d'elle, si vous l'eussiez fait venir auprès de vous...

MADAME VERMONT

J'ai pour principe que c'est à ceux qui ont des enfans à s'en charger; quant à moi ,je n'en ai pas, et je ne prendrai jamais sur moi la responsabilité de ceux des autres.

M. VERMONT

C'est un grand malheur pour ma pauvre Adèle d'avoir perdu sa mère.

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