‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 46 sur 232 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MADAME VERMONT

Si on eût rendu justice à mon père, je ne serais pas aujourd'hui madame Vermont; je serais une beaucoup plus grande dame*

M. VERMONT

Allons , allons , en voilà assez.

MADAME VERMONT

Ma mère aurait pu être présentée à l'ancienne cour.

M. VERMONT

Je n'en fais nul doute.

MADAME VERMONT

Et mon frère avait été inscrit pour être page.

M. VERMONT

Je le sais.

MADAME VERMONT

Le sort m'avait réduite à jouer la comédie lorsque vous m'avez rencontrée ; mais c'était en pays étranger. J'avais cédé à une impérieuse nécessité sans rien perdre de la noblesse des sentimens qui m'avaient été inculqués dès l'enfance.

M. VERMONT

Je me rappelle que vous m'avez dit cela plusieurs fois.

MADAME VERMONT

Il ne vous manque plus que de divulguer que j'ai été comédienne.

M. VERMONT

Je vous jure que je n'en ai jamais soufflé le mot.

MADAME VERMONT

Ah ! si mes parens revenaient au monde, qu'ils seraient étonnés de me voir ce que je suis!

M. VERMONT

Ils vous verraient la femme d'un honnête homme qui ne vous contrarie en rien, et qui vous fait jouir de i5, ooo livres de rentes.

MADAME VERMONT

Je ne m'en prends pas à vous , mais à la bizarrerie de mon étoile. Avec M. Beaunoir , quelles sont les autres personnes qui composent votre tribunal ?

M. VERMONT

Le digne M. ïaupin.

MADAME VERMONT

Vous pourriez dire le sot M. Taupin. Ne me demandait-il pas hier si un tribunal de famille n'était pas, comme une commission militaire, quelque chose de paternel ! Et ensuite ?

M. VERMONT

Les dames Durand et Ledoux. Elles sont tantes do M. Lori , il m'a bien fallu les inviter.

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