SCENE V. io
M. TAUPIN
Soyez juste, nous n'en parlerions pas comme cela. (Haut.) Monsieur Beaunoir, nous avez -vous préparé un petit plat de votre métier ?
M. BEAUNOIR
Plaît-il ?
M. TAUPIN
N'aurons -nous pas un discours de votre fabrique?
M. BEAUNOIR
Je veux voir quelle tournure ceci prendra.
M. TAUPIN
Vous n'avez donc rien d'écrit?
M. BEAUNOIR
A quoi bon écrire? Croyez- vous que je ne saurai pas bien improviser s'il y a lieu ?
M. TAUPIN
Au moins vous serez favorable à notre Adèle. Je vous préviens que ces deux dames se préparent a l'accuser.
M. BEAUNOIR
Nous apprécierons les sujets de plainte.
M. TAUPIN
Des misères. C'est toujours ce dont nous avons tous entendu parler. Il n'y a rien de nouveau , et votre opinion doit être formée.
M. BEAUNOIR
Je n'ai pas d'opinion.
M. TAUPIN, bas à madame Durand.
Quel beau caractère ! ( Haut. ) H ne faut pourtant pas intimider l'accusée. Pauvre petite femme! elle doit être bien troublée. Je crois l'entendre. C'est elle. Si vous m'en croyez , nous nous retirerons tous chez madame Vermont pour donner à cette chère enfant le temps de se reconnaître , et nous ne paraîtrons devant elle que quand son mari sera arrivé.
M. BEAUNOIR
J'approuve.
MADAME DURAND
Ménagemens ridicules ! Il faudrait commencer l'interrogatoire sur-le-champ.
MADAME LEDOUX , bas à sa sœur.
Que faites-vous, ma sœur ? Nous-mêmes n'avonsnous pas besoin de nous recorder, afin de ne rien dire qui ne porte coup ?
M. TAUPIN, à voix basse.
Chère petite nièce ! j'ai le cœur navré pour elle.
( Ils sortent tous. )