SCENE IX. i
MADAME DURAND
Il y a de la brigue.
MADAME LKDOUX.
Je m'en suis aperçue.
MADAME DORAND.
Nous la déjouerons.
M. BEAUNOIR
En place, Mesdames h
L'accusée peut-elle s'asseoir?
MADAME LORJ.
Cela n'est plus une question, puisque je suis assise.
MADAME DURAND
On ne demande pas votre avis , Madame.
M. BEAUNOIR
Paix donc !
MADAME DURAND
Pourquoi donc me tairais-je ? Croyez-vous qu'il n'y aura que pour vous à parler? Je demande d'abord qui est-ce qui est président. Si ce n'est pas M. Vermont , je me nomme présidente, moi.
i. Les acteurs se placent de la manière suivante : à droite, madame Durand , madame Ledoux et M. Taupin; à gauche, madame Vermonl, M. Vermont et M. Beaunoir, de manière que M. Taupin et M. Beaunoir soient les plus près de madame Lori.
u6 LE TRIBUNAL DE FAMILLE.
M. TA.UPIN.
Nous sommes convenus que ce serait M. Beaunoir.
MADAME DURAND
Je ne suis convenue de rien.
M. TAUPIN
Vous ne pourrez pas faire un discours.
Tout aussi bien qu'un procureur du roi peutêtre.
M. BEAUNOIR
Madame, voulez-vous continuer sur ce ton-là ? Je prendrai le parti de me retirer.
MADAME DURAND
Eh bien! Monsieur, retirez-vous.
M. TAUPIN
Soyez donc raisonnable, madame Durand. Songez que madame Lori est sur la sellette.
MADAME LORI
Non vraiment ; je suis sur un fort bon fauteuil , et vous pouvez arranger toutes vos petites affaires sans prendre garde à moi.
(Elle tire de l'ouvrage et se met à travailler. Madame Vermont le fait remarquer à M. Vermont.)
M. VERMONT
Que faites- vous donc , ma fille ?