SCÈNE IX
MADAME LORI
Je brode, mon père.
M. VER3IONT.
Est-ce ici le lieu de vous occuper à pareille chose ?
Il me semble que tous, tant que vous êtes, vous vous apprêtez à broder plus ou moins sur mon compte.
MADAME DURAND
Il y a de belles choses à* dire sur votre compte.
MADAME LORI
De belles choses , ce serait trop. Une femme ne doit jamais faire parler d'elle, même en bien.
MADAME VERMOWT.
Ce n'est pas avec ce ton d'ironie que madame Lori espère capter la bienveillance de ses juges?
MADAME LORI
Pour vous, Madame, je vous crois incorruptible.
M. LORI, à part.
Bravo !
MADAME VERMOWT.
Je vous prie, Madame, de vouloir bien me mettre hors de vos persiflages.
n8 LE TRIBUNAL DE FAMILLE.
MADAME LOR1
Ayez donc la bonté, Madame, de ne pas vous occuper de moi plus que vous ne l'avez fait jusqu'ici.
M. VERMONT
Que tout cela finisse !
MADAME DURAND
Je commence par interpeller l'accusée sur un fait.
M. TAUPIN
Mais, Madame...
MADAME DURAND
• Il faut d'abord qu'elle nous dise...
M. TAUPIN
Monsieur Beaunoir, comme président, rappelez donc Madame à l'ordre .
MADAME DURAND
L'ordre ! Qui a le droit ici de me donner des ordres ?
M. BEAUNOIR
Madame, la majorité des voix m'ayant décerné la présidence, j'en maintiendrai les prérogatives.
MADAME DURAND
Et moi, je soutiendrai mes droits, qui sont ceux de tous les Lori.