SCENE IX. *2i
vantage sans doute , si je faisais patte de velours
en égratignant.
m. taupih;.
Cela peut nous mener jusqu'à demain.
Et quand cela nous mènerait jusqu'à la semaine prochaine, monsieur Taupin ?
M. REAUNOIR.
Laissons-la parler ; il n'y a pas d'autre parti à prendre.
MADAME DURAND
Laissons-la parler ! ce ton ! Je parlerai si cela me plaît. Ne sommes-nous pas ici chacun pour notre compte ? Laissons-la parler ! Eh bien ! je ne veux plus parler à présent.
M- TAUPIN
Avez-vous réellement fini ?
MADAME DURAND
Oui , monsieur jury.
M. TAUPIN
Allons , monsieur Beaunoir, vous pouvez commencer.
MADAME DURAND
Mais, du moins, je n'écouterai pas.
( Elle met ses mains devant ses oreilles , de manière pourtant à laisser voir qu'elle entend fort hien.)
M. BEAUNOIR , après un moment de silence.
« Assez et trop long-temps l'immoralité , digne « suppôt d'un gouvernement cupide , c'est-à-dire « saus foi et sans honneur, en s'introduisant dans « toutes les classes de la société, avait fini par cor- « rompre et même par annuler entièrement ces « germes si précieux de pudeur et de bienséance « que nous tenions de nos aïeux , et qui les firent « distinguer parmi tous les peuples de l'univers. « Dans cette affreuse subversion , le bien était de- « venu mal, et, par une conséquence nécessaire, « le mal était devenu bien. »
( M. Vermont s'endort. ) MADAME DURAND.
De quel temps parle-t-il ?
M. TAU PIN
Paix ! C'est fort beau.
M. .BEAUNOIR
« Le ciel , cependant, ne nous a pas déshérités « de sa clémence, et nous pouvons encore espérer « un heureux avenir. C'est à nous à seconder ses « vues; et, nouveaux Agamemnous, n'hésitons pas « à sacrifier nos affections les plus chères pour o obtenir les vents favorables qui doivent conte duire le vaisseau du corps social à bon port. »