SCENE IX. ia
M. LORI,se levant.
J'accuse donc Madame , primo.... primo, de n'avoir aucun égard pour son mari , et de ne me parler jamais qu'en riant ; secundo , je l'accuse de m'accuser de n'être pas rangé dans ma conduite ; tertio, et enfin.... tertio....
MADAME LORI
Tertio....
M. LORI
Vous croyez que je suis embarrassé ? Eh bien ! Madame, je vous accuse, oui, je vous accuse d'être , contre l'usage de toutes les femmes , de la dernière dissimulation avec moi.
M. BEAUNOIR
S'il n'y a que cela , il faut lever la séance.
MADAME DURAND
Il n'y a encore rien à lever, Monsieur, (a m. Lori.) Cherchez donc un peu , mon neveu.
M. LORI
Parbleu! cherchez vous-même. Ne m'avez-vous pas promis de me seconder?
MADAME DURAND , à part.
Le sot !
MADAME LEDOUX
Et M. Benjamin qui vient si souvent chez vous?
ia6 LE TRIBUNAL DE FAMILLE.
M. LORf.
M. Benjamin ne m'a jamais rien dit contre ma femme.
MADAME LEDOUX
Mais pourquoi vient-il si souvent ?
M. LORI
Parce qu'il aime à jouer au trictrac, moi aussi , et que je le gagne toujours.
MADAME DURAND
Il n'y vient qu'à cause de cela ?
M. LORI
Ah çà ! mais suis-je aussi en état d'accusation pour que vous me fassiez toutes ces questions ? Qu'a de commun M. Benjamin avec l'affaire qui nous occupe?
MADAME DURAND
Celui-là est trop fort !
MADAME LORI
Que le tribunal est heureux que je me sois donné la peine de venir pour le tirer d'embarras ! Je ne procéderai pas avec autant de méthode, à beaucoup près , que M. Lori vient de le faire ; mais je mettrai tous mes soins à ne pas fatiguer votre attention. Mon mariage avec M. Lori ne fut , comme vous le savez tous, que ce qu'on appelle un mariage de convenance , c'est-à-dire qu'il