SCENE XIII ET DERNIÈRE. i3g
en prie. Que je ne sois pas obligé de dire comme Titus : « J'ai perdu ma journée. »
MADAME LORI
De l'érudition ! mon petit oncle ; je n'ai jamais su résister à de l'érudition. J'y mets une condition pourtant , c'est que nous irons passer le mois d'épreuve à Paris, pour laisser aux propos le temps de se dissiper entièrement.
M. LORI
Comment donc ! je suis trop heureux que tu m'offres cette occasion de faire une chose qui te soit agréable. Que j'étais sot , mon Dieu ! de consentir à me séparer d'une petite femme comme elle ! Je ne serais pas son mari que je donnerais tout au monde pour le devenir. Elle est si drôle ! elle a tant d'esprit !
M. TAUPIN
Ce n'est pas à moi qu'il faut dire cela ; je n'ai jamais varié sur son compte. N'est-il pas vrai , ma petite nièce?
MADAME LORI
C'est une justice que j'aime à vous rendre, mon bon petit oncle; au milieu de toutes les calomnies qui m'accablaient , vous m'êtes resté fidèle.
M. TAUPIN
Il n'est pas facile de m'en faire accroire.
i4o LE TRIBUNAL DE FAMILLE.
M. LORI
Ni à moi non plus ; je ne sais pas où j'avais ta. tête.
M. TAUPIN
Qui est-ce qui n'a pas ses momens d'erreur ?
M. LORI
Pauvre petite femme ! je ne veux plus croire que toi. Embrassez-la , mon petit oncle.
M. TAUPIN, dans le dernier attendrissement.
Allons, ne voilà-t-il pas que je suis aussi son petit oncle à lui ! Us me feront mourir. Vous êtes tous deux de charmans enfans , et bien dignes l'un de l'autre.
( Il embrasse madame Lori. ) M. LORI.
Dès demain , nous partirons pour Paris.
MADAME LORI
Dès demain , ce serait trop prompt. M. Benjamin doit y faire un voyage de quelques jours ; il faut attendre -qu'il soit revenu.
M. LORI
Pourquoi cela? Il viendra avec nous.
MADAME LORI
Ce n'est pas possible.