SCÈNE II. l i
comme moi quand ils sont aux expédiens. Mademoiselle Georgetle a l'air de m'écouter avec attention.
JULES
Je t'assure bien que non .
GEORGETTE
Pardonnez-moi , monsieur Jules.
A la bonne heure. Diable ! savez- vous qu'avec l'ordre qu'il a , Jules pourrait bien un jour vous donner un bon carrosse.
GEORGETTE , avec émotion.
Un carrosse , Monsieur ! Pourquoi me parlezvous d'un carrosse ? Si je montais jamais dans un carrosse, il faudrait que ce fût celui de mon ma?*i; ainsi, voyez.
LIONEL
Qu'elle est gentille ! Elle a ses petits préjugés. J'aime les préjugés à la folie; c'est si rare à présent.
JULES
En voilà assez, Lionel; Georgette a autre chose à faire qu'à écouter nos conversations; laissonsla libre. Si tu le veux , je sortirai avec toi.
LIONEL
Je comptais sur elle pour te décider; c'est ce
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qui m'enchantait de pouvoir vous trouver ensemble. ( A Georgette. ) Vous l'aimez bien , mademoiselle Georgette , et vous n'avez pas tort : c'est le meilleur garçon que j'aie jamais connu ; il ne lui manque qu'un peu d'aisance. Pourquoi voulez - vous qu'il s'en prive?
GEORGETTE
Rien ne manque à monsieur Jules. ( Lionel sourit. ) Non , Monsieur. Monsieur Jules ne demande rien , ni moi non plus. S'il faisait le métier que vous lui vantez, il serait obligé d'aller dans le grand monde; il aurait toujours la tête occupée de choses dont il ne pourrait pas me parler ; nous aimons mieux rester nous deux , rien que nous deux. N'est - ce pas , monsieur Jules ?
LIONEL
En vérité , elle m'impose. Mais , mademoiselle Georgette, ce métier-là , puisque nous avons commencé par l'appeler un métier, se fait absolument comme on veut ; chez soi , sans voir personne. Vous avez votre thème, vous le remplissez ; tout est dit. Il serait là , sur votre petite table , à s'extasier sur des mesures qu'il ne comprendrait pas ; il se batterait les flancs pour vanter le ministre qui lui serait recommandé ce jour-là ; et son travail fini, il serait le maître d'en faire la satire et