SCENE III. i
vent que je suis superstitieuse; quand je rapproche cette lettre de la conversation de M. Lionel, il me semble que c'est Dieu qui est venu à notre secours.
JULES
Comme tu voudras. Ainsi nous quitterons Paris. Je te préviens que ma mère est un peu difficile à vivre.
GEORGETTE
Et cela vous fait souffrir peut-être ?
JULES
Oh ! non; fy suis accoutumé. Mais toi ?
GEORGETTE
Si vous ne souffrez pas, de quoi souffrira is-je ?
JULES
Bon petit ange! Laisse ton ouvrage, habilletoi , sortons. Ne nous quittons pas un moment jusqu'à l'arrivée de mon oncle.
GEORGETTE , joignant les mains.
Mon cher monsieur Jules , je voudrais être seule, réfléchir à ma situation nouvelle. Comprenez-vous ?
JULES
Adieu, ma chère enfant, adieu, adieu. Tiens, garde cette lettre ; c'est ton contrat.
( Il lui donne la lellre et s'en va. )
166 LA GRISETTE
GEORGETTE , seule.
Si on m'eût prédit un si grand bonheur, je n'aurais pas voulu le croire , et pourtant il n'y a rien de plus réel :