‹ Proverbes dramatiques (volume 5)Chapitre 96 sur 232 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

( Paris. — Un salon. )

madame DEMBRUN, SUZANNE.

( Elles sont occupées toutes les deux à terminer des préparatifs de voyage. )

MADAME DEMBRUN.

Vous m'assurez bien, Suzanne, que vous l'avez mise dans la voiture ?

SUZANNE

Oui , Madame, moi-même, il n'y a qu'un instant. Elle est bien enveloppée, et dans le petit coffre de derrière, afin qu'on puisse la prendre quand on voudra s'en servir , sans être obligé de rien déranger.

Parfait. Ah ! c'est que c'est un meuble si essen^ tiel en voyage, surtout pour moi.

SUZANNE

Voilà huit jours que nous faisons des préparatifs ; voilà près de deux mois que je sais que nous irons à Barrèges. 11 est six heures du matin ; dans

une demi-heure, trois quarts d'heure au plus tard, nous serons en route, et je ne reviens pas encore que Madame aille chercher si loin des eaux avec la fraîcheur qu'elle a.

MADAME DEMBRDN.

Fraîcheur, fraîcheur ! c'est bientôt dit. Je connais bien ma fraîcheur ; c'est une fraîcheur qui ne se soutient pas. Je viens de me lever, il n'est pas bien étonnant que mon teint soit reposé; mais tout à l'heure peut-être ce ne sera plus cela. Je veux une fraîcheur qui me dure , une fraîcheur qui reste. Allez , allez, Suzanne , chacun sait bien ce qu'il lui faut.

SUZANNK.

Ainsi les eaux de Barrèges c'est pour être frais ? Eh bien ! M. Flamet, avec qui nous allons voyager, il veut donc être frais aussi , lui ?

MADAME DEMBRUN.

M. Flamet est un savant qui s'occupe d'un grand ouvrage; il a besoin d'aller en Gascogne pour savoir la vérité sur plusieurs choses dont il veut parler ; il s'arrêtera en chemin ; je ne suis pas pressée; j'aurai le temps de connaître le pays. Mais comme , en outre de sa science , il a encore des obstructions , il profitera du voisinage des eaux pour les prendre en même temps que moi.

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