SCENE 1. i7î
SUZANNE
On disait que tous les savans étaient pauvres ; M. Flamet a pourtant une calèche bien commode.
MADAME DEMBRUN.
C'est cela qui m'a décidée. J'aurais été obligée d'en louer une ; Dieu sait ce que j'aurais trouvé ; au lieu qu'il ne m'en coûtera que ma part des frais de voyage.
SUZANNE
Et lui, ça lui est égal d'avoir une société.
MADAME DEMBRUN.
Cela lui sera fort agréable, au contraire.
SUZANNE
C'est vrai.
( Clément entre. ) CLÉMENT.
Madame, j'ai songé à une chose cette nuit; je ne sais pas si j'ai eu raison. Ce serait de profiter de ce que Madame me laisse à Paris pour voir à me marier.
MADAME DEMBRUN.
Le moment est bien choisi en effet.
CLÉMENT
Comme je n'aurai rien à faire....
Qui vous a dit cela ? N'aurez-vous pas mon ap-
jn2 LE VOYAGE.
partement à soigner ? Il y a des vers partout, des papillons en quantité ; j'ai donné des ordres pour remettre à neuf ma chambre à coucher et le salon ; je ne veux pas que vous perdiez de vue les ouvriers. Quel temps prendriez-vous pour votre mariage?
CLÉMENT
Si c'est comme cela , Madame , je n'y pense plus.
MADAME DEMBRUN.
Avez- vous nettoyé les carcels et les autres lampes ? les avez-vous serrées dans l'office?
CLÉMENT
Oui, Madame.
MADAME DEMBRUN.
Vous n'avez plus rien à y mettre ?
CLÉMENT
Non , Madame.
MADAME DEMBRUN.
Apportez-m'en la clef.
(Clément sort. ) MADAME DEMBRUN , à Suzanne.
Est-ce qu'il a une amoureuse?
SUZANNE
Il n'a rien du tout , Madame.
MADAME DEMBRUN.
Alors que vient-il donc me conter, cet imbécile-là ?