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SCÈNE III

( Chez madame de Walter. — Un salon. ) MADAME DE RUDENS, ABRAHAM.

MADAME DE RUDENS.

Entrez donc, entrez donc, Abraham.

ABRAHAM

J'ai bien l'honneur de présenter mes très-humbles respects à madame. Je me suis douté que, d'après les bruits qui courent sur madame la comtesse de Walter, madame aurait besoin de moi. J'ai, dans ce moment-ci, une des plus belles parures....

MADAME DE RUDENS.

. Il n'est pas question de cela, Abraham , ma fille ne pense pas encore à acheter.

ABRAHAM

Cependant, madame, je connais les pierreries de madame de Walter, et, pour le poste qu'elle va occuper, je ne lui vois rien....

MADAME DE RUDENS.

J'ai du monde chez moi; finissons tout de suite. Vous allez d'habitude chez madame de Rosemberg?

ABRAHAM

Oui, madame; c'était une de mes bonnes pratiques. Je dis: c'était, parce qu'à présent....

1911 LA mSGBAOS.

MADAME DE RUDENS.

Ètes-vous bien avec Louise , sa première femme de chambre ?

ABRAHAM

Mademoiselle Louise? Nous sommes comme les deux doigts de la main.

MADAME DE RUDENS.

Eh bien! Abraham, vous êtes adroit; sans que cela ait l'air de venir de moi , sondez un peu quelles seraient ses dispositions dans le cas où ma fille lui offrirait d'entrer chez elle.

ABRAHAM

Je comprends, madame. En effet, c'est une personne bien habile, à qui on peut se confier en toul^e assurance. Jamais le nom de sa maîtresse n'a été prononcé dans aucun des services qu'elle a pu rendre; on aurait cru que madame de Rosemberg n'en savait pas un mot. Que de bonnes affaires elle m'a procurées comme cela ?

MADAME DE RUDENS.

Je ne vous demande pas toutes ces indiscrétions, Abraham.

ABRAHAM

Il n'y a pas d'indiscrétion à vanter les bonnes qualités d'une personne. Qu'est-ce que j*ai dit? que mademoiselle Louise était obligeante; mais avec un bon cœur comme le sien, il est sûr qu'il faut une maîtresse qui soit en position de s'y prélier. Pour des privilèges d'entreprises, pour des demandes de places^

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