‹ Proverbes dramatiquesChapitre 105 sur 255 · CÈNE III · texte numérisé non relu

CÈNE III

que nous ne mettions pas tous nos soins à reconnaître vos bontés?

L'ÉVÊQUE

Dans votre position , rien ne vous sera plus facile que d'obtenir qu'on avance un peu pour le jeune prince l'âge où il doit être confié aux mains d'un gouverneur.

MADAME DE RUDENS.

C'est même prudent. Cet enfant est si précoce.

L'ÉVÊQUE

Même pour vous, ma chère cousine, n'est-il pas essentiel que vous fassiez entrer le plus possible des vôtres auprès de Leurs Altesses?

MADAME DE RUDENS.

Je ne redoute que ce président que vous avez laissé seul avec le margrave.

L'ÉVÊQUE

Quoi ! auriez-vous entendu dire que l'on pensât à lui pour le petit prince Ferdinand ?

MADAME DE RUDENS.

Ce n'est pas cela. Mais avec sa grande figure sévère, vous savez tout ce qu'il se permet.

L'ÉVÊQUE

N'ayez pas d'inquiétude. Ma visite avait précédé la sienne, et vous sentez que je ne suis pas resté trois quarts d'heure tête à tête avec le margrave sans savoir sur quel ton je devais lui parler.

MADAME DE RUDENS.

Je m'en rapporte bien à vous, «monseigneur.

L'ÉVÉQUE

Il en a pour huit jours à croire que les moindres conseils sont une atteinte portée à son pouvoir. Cela visait droit au président , comme vous voyez.

MADAME DE RDDENS.

Et le margrave a bien compris cela ?

L'ÉVÉQUE

Ah! s'il l'a compris! Il l'a compris au point de se mettre au pis-faire pour montrer sa puissance.

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