SCENE m
MADEMOISELLE KOHLD«
£h bien! oui; mais aussi quand on sort de chez eux y on peut appeler cela une disgrâce.
BIBER
La belle avance ! On me met la queue d'un coq sur mon chapeau 9 un sabre au côté, un habit militaire , pour me faire monter derrière une voiture; est-ce que ce n'est pas une moquerie ? Il faut que j'aie des moustaches pour aller chercher des chiffons chez une marchande de modes, ou bien porter sous mon bras une pelisse de femme pendant toute une soirée.
. MADEMOISELLE KOHLD.
Avec cela, n'est pas chasseur qui veut.
BIBER
Parce que ce sont ordinairement les maîtresses qui nous choisissent, et qu'elles nous prennent à la taille.
( Madame de Walter entre k moitié' habillée. ) MADAME DE WALTER.
Ma bonne, qu'est-ce que c'est que ce jeune homme-là?
MADEMOISELLE KOHLD.
C'est le chasseur de madame de Rosemberg qui vient offrir ses services à madame.
MADAME DE WALTER
Pourquoi quitte-t-il madame de Rosemberg?
MADEMOISELLE KOHLD.
Je lui dois la justice de dire qu'il avait toujours désiré d'entrer dans la maison de madame.
MADAME DE WALTER
Au fait, il va me falloir un chasseur. Mon Dieu! qu'il est grand! (ABiber.) Je vous prends.
Je remercie bien madame de ses bontés.
MAiïAWE î>E WALTEK.
Venez demain à cette heure-ci; je vous présenterai à ma mère.
BIBEK,
Je n'y manquerai pas, madame.
(lUort.) MADAME DE WALTEB,
Il a bien bonne mine. Je venais vous chercher pour me pasaei* uia robe ; Thérèse n'y entend rien du tout
MADEMOISELLE KOHLD.
Il fallait me sonnerj madame.
MADAME DE WALTEB.
J'ai mieux aimé venir moi-même. J'ai besoin de mouvement aujounThui; ils m'ont tenue phis d'une demi-heure assise. Je ne sais pas ce que je ferai d'ici à ce soir. O ma bonne , c'est une grande affaire que le bal de ce soir ! Prenez des lacets dans le tiroir de la console.
MADEMOISELLE KÛHLD.
Il est clair que nous votdons voler de nos propres ailes. Arrêter un chasseur sans consulter sa mère ! voilà déjà un grand changement.
(En ruyaut untrsr Vp'vt'iftte et muiIiimË de Budeiu* f^tle »iiri. ) MADAME DK lUIDEIÏS..
Cuunnent pouvez- vous craindre, monseigneur.