‹ Proverbes dramatiquesChapitre 136 sur 255 · MADAME D'ORGY, MADEMOISELLE LEFÈVRE · texte numérisé non relu

MADAME D'ORGY, MADEMOISELLE LEFÈVRE

MADEMOISELLE LEFÈYRE.

Madame , pourquoi m'avez-vous fait signe de vous suivre dans ce salon ?

SfADAME D'ORGY.

Parce que ma nièce est souffrante, et que vous ne valez rien auprès d'une personne souffrante.

MADEMOISELLE LEFÈVRE

Il est vrai que quand je suis attachée à quelqu'un comme je le suis à madame de Querville, ses douleurs deviennent les miennes ; j'ai une organisation fatale sous ce rapport-là.

MADAME D'ORCY.

Il faudrait alors tâcher de prendre sur votre organisation; car destinée, comme je me plais à le croire, k rester auprès de ma nièce, vos angoisses, vos soupirs, vos lamentations chaque fois qu'elle aurait la moindre chose, seraient dans le cas de lui faire plus de mal que de bien.

MADEMOISELLE LEFÈVRE

Jusqu'ici, madame de Querville ne s'en est pas plainte,

MADAME D'ORCY.

Mais je m'en plains, moi, mademoiselle Lefèvre. L'attachement d'iuie demoiselle de compagnie j qui n'est que depuis six mois dans une maison, ne peut pas être plus ^if que celui d'une tante qui a élevé sa nièce. Je ne pleure pas; je ne gémis pas; j'observe; et c'est comme cela que je puis rendre à madame dfr Querville les services dont elle a besoin.

(Ëlleswt.)

Page 1