‹ Proverbes dramatiquesChapitre 150 sur 255 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

MADAMB DE QUERYILLE, «ule.

Cette demoiselle Lefèvre commence à me déplaire. Mais qui est-ce qui ne me déplaît pas depuis que j'ai quitté Paris? Monsieur de Querville, ma tante, me sont souvent à charge à force de soins, et je suis obligée de leur laisser croire que je suis malade , afin de justifier à leurs yeux l'espèce de découragement que j'éprouve. C'est un état insupportable. (Elle décachette une lettre et reste un instant sans oser la lire.) Que Va

m'apprendre cette lettre ? Le cœur me bat. O ciel ! si Ernest pouvait se douter qu'une lettre de lui me cause autant d'agitation ! Heureusement , jusqu'ici , personne n'a pu lire au fond de mon cœur. Allons , du courage ! Je vais sans doute apprendre qu'il va en Normandie! Nous ne le verrons pas cet été! (eii» soupira.) C'est ce que je devrais vouloir, et cependant... (EUe Ut bas.) Mes presscntimens ne sont que trop véri-

IftÇft L'ENSEIOMEllUBlfT MUTUEL.

fiés. Il va en Normandie! (AvecaccaMement.) Tant mieux.

( Elle «entimitt k lire h%i en .eKHjtnrt ide temps en tenps qaelques kiines. ) SeS

expressions sont bien étranges ! Ce n'est pas là «on style accoutumé Mais c'est de la démence. Je ne

dois pas lire cela. (EUe chiffonne légèrement le papier. ) U y ^ , je

crois, un post-scriptum. (Eiie rouvre la lettre.) « Jc HC partirai pas pour cet affreux exil avant d'avoir fait mes adieux à ma mère. Ainsi , après-demain je prends la poste, et mardi, à neuf heures du soir, je serai dans l'avenue de votre château, où j'espère que vous voudrez bien ne pas me refuser l'hospitalité pour vingt-quatre heures. » Mardi! mardi; mais c'est aujourd'hui. Quoi ! je serais à une heure de le voir! Je ne sais plus ce que je dois désirer. Que faire ? Cette lettre ne me laisse plus de doute. Voici ma tante et mon mari , cachons ce papier.

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