‹ Proverbes dramatiquesChapitre 151 sur 255 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

MOHSIEUA et MlDAMB DE QUËRYILLE , MADAMB FORCY.

M. DE QUERVILLE.

Ma bonne amie, vous n'avez pas idée du beau temf» qu'il fait ce soir. Si vous m'en croyez, vous irez faire un tour rien que sur la terrasse. ( h «garde k» ]ettrèsqaiioiiiiariatabk).)Âh! fth ! Eruest s'e^ mîs en frais, à ce qu'il paraît. Voici deux lettres de lui , une pour vous, ma tante, et l'autre pour moi. ( n A*»» une lenre k

«aiiame d'Orcy, et deoicfaette Tmatre.) Grande nOUVelfe I DevineZ

qui va nous arriver ce soir?

SGÈNC XIV. S«3

If ABAME D'ORGY , lûant suui.

Il n'a pas le sens commun. Faire cinquante lieues pour venir passer vingt-quatre heures avec nous, et plus de cent pour retourner à son régi* ment!

M. DE QUERVIIXE.

Belle bagatelle pour un militaire. Moi, j'ensuis enchanté; cela va nous faire passer une bonne journée ; n'est-ce pas, Mélanie ?

MADAME DE QUERVILLE.

Vous n'avez pas besoin de cela, vous; vos journées sont toujours à peu près de même.

Pas quand vous souffrez. (Bas, a?ec enjouement) Faisons vm coup de tête.

MADAME DE QCëR VILLE, le regardant a ve« etonnemeot.

Que voulez-vous dire ?

M. DE QUERVILLE, toujours bas, tandis que madame d'Orcy est occupée

à lire.

Oui, une escapade. Vous vous couvrirez bien; je vais faire mettre la devanture à la calèche; on y portera des coussins, et nous irons à la rencontre du colonel.

MADAME DE QUERVILLE

Y pensez-vous?

M. DE QUERVILLE.

A la compagne, j'ain^ assez les extraordinaires^ Nous gagnerons de l'appétit, vous n'avez pas dîné^

284 L'ENSEIGNEMENT HUTUEL.

nous souperons. Le temps est superbe ; nous sommes dans la pleine lune. Répondez. Que tous en semble? Soyez persuadée que cela vous vaudra mieux que de la bourrache et des lits bassinés, (nim

prend la main qu'a caresse.) ËSt-CÇ COUVCnU? Je SCrais si COU-

tent de vous faire faire une espèce d'équipée.

Il faut consulter ma tante.

M. DE QUERVILLE.

Au contraire. Elle ne doit rien savoir de cet enlè^ vement. Traitons cela comme des amoureux qui se cachent. Au moment décisif, nous lui demanderons seulement si elle veut nous accompagner; mais de façon à lui montrer que notre résolution est bien prise , et que rien nie peut nous en détourner.

MADAME DE QUERVILLE.

On ne doit pas écouter un séducteur.

M. DE QUERVILLE , haut et très-gaiement.

Je reprends donc mon rôle de mari, et je vous ordonne, madame, de venir avec moi au-devant de votre cousin.

MADAME D'ORCY, fermant la lettre qu'elle lisait.

A qui en avez-vous, monsieur de Quer ville?

MADAME DE QUERVILLE.

Il veut que je sorte en calèche avec lui.

MADAME D'ORCY.

Elle a souffert toute la journée.

M. DE QI}ERVILLE.

Parce qu'elle ne fait pas d'exercice. On ira doucement par la route d'en haut qui est la meilleure ; si elle éprouve la moindre chose, on en sera quitte pour faire retourner la voiture.

MADAME D'ORCY.

Soyez sûr que ce ne serait pas convenable.

M. DE QUERVILLE.

Et vous, Mélanie, qu'en pensez-vous?

MADAME DE QUERVILLE.

Je m'en rapporte à ma tante.

M. DE QUERVILLE, toujours avec gaieté.

Quand il fait une soirée aussi douce, aussi belle, on ne doit s'en rapporter aux tantes que jusqu'à un certain point , et je vais faire mettre les chevaux.

(Il sort.)

Page 1