SCÈNE XVII
MADAME DE QUERVILLE, BENOIT, (nposesaransiég^ unepellss. et un châle.) •
BENOIT
Madame 9 là fermière est là qui voudrait bien parler à madame.
MADAME DE QUERVILLE.
Qu'est-ce que vous me dites ?
BENOIT
Madame, c'est la maîtresse Guenault qui demande à voir madame.
MADAME DE QUEItVILLE.
Catherine?
BENOIT
Oui y madame.
MADAME DE QUERVILLE.
Je ne puis pas dans ce moment- ci; dites-lui de revenir.
BENOIT
Elle est si agitée, madame, que j'ai dans l'idée qu'il lui est arrivé quelque malheur.
MADAME DE QUERVILLE.
Alors faites-la venir tout de suite , Benoît.
BENOIT
La voici , madame.
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ftM L'ENSEIGNEHEIVT MUTUEL.
SۃNE XVIII.
MiBAMB DE QUERVILLE, CATHERINE.
MADAME DE QUERYILLE.
Qu'avez-vous , ma bonne Catherine?
CATHERINE, pleurant.
Ah ! ma chère dame !
MADAME DE QUERVILLE.
Qu'est-ce donc? Votre mari , votre enfant se portent bien?
CATHERINE
Hélas! Jésus y mon Dieu, il ne manquerait plus que ça.
Vous m'effrayez.
CATHERINE
Enfin je vous vois, je suis sauvée. Rappelez-vous, madame, qu'étant petites filles, nous jouions parfois toutes les deux ensemble; que votre famille m'a toujours aimée ; que j'ai été mariée quand et quand vous.^.
MADAME DE QUERVILLE.
Parlez, Catherine, parlez.
CATHERINE
Votre mariage a si bien tourné et le mien pouvait tourner si mal ! J'ai manqué faire une grande sottise ,
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madame. (EIU s'arrête pour essuyer ses yeux. ) Mais VOUS 1116 grOIl-
derez bien pour que je ne sois pas obligée de le dire à monsieur le curé; car, excepté vous, j'aimerais mieux tout au monde que d'en ouvrir la bouche à personne.
MADAME DE QUERVILLE, avec bonté.
Allons, allons, Catherine, remettez - vous. Si je puis vous être utile, vous ne doutez pas du plaisir ^ que j'aurai à vous obliger.
CATHERINE
Ah! c'est que vous avez beau savoir ben des choses, madame, vous n'en avez peut-être jamais entendues comme ce que j'ai à vous dire. J'ai été au moment d'être amoureuse; oui, madame. (Eiie sanglote.) Encore un peu, madame, et j'étais perdue.
( Elle ne peut pas continuer. ) MADAME DE QUERVILLE.
Parlez plus bas, Catherine; Benoît est curieux; il poiu'rait être à la porte à écouter.
CATHERINE
V'ià ben la bonté. O ma re^ectable dame, je ne me suis pas trompée en venant vers vous. Attendez ; je vas me remettre un peu. Je vous disais donc que j'avais manqué d'être amoureuse; mais je pourrais aussi ben dire que je l'ai été tout-à-fait, si ce n'est que Dieu a eu pitié dé moi , et que mon bon ange m'a retenue ben à point.
MADAME DE QUERVILLE.
Vous , Catherine ! vous amoureuse ! et de qui ?
ÎM L'ENSEIGNEIIBNT «UTUEL.
CATHERniE.
Hélas! madame, d'un capitaine du riment qui s'en va. Cétait lui qui avait commencé; je ne in'en suis doutée que sur le tard ; mais c'est égal , je n'en suis pas moins Êiutive. Il y avait déjà long-temps qu'il venait chasser dans nos environs et qu'il entrait toujours à la ferme 9 tantôt pour demander du lait ou ben du cidre j et queuquefois une omelette ou autre chose, que je ne devinais rien encore. Cependant, faut être juste : j'avais ben remarqué qu'il me regardait. Enfin un jour, v'ià qu'il a l'air de prendre son courage à deux mains , et qu'il me parle. C'est un honnête homme ; oh ! madame , c'est un très-honnête homme : c'était plus fort que lui ; il me l'a ben dit. o Tenez, Catherine, qu'il me dit, tous les militaires en général ne cherchent qu'à mettre les femmes à mal; mais moi, je ne voudrais pas vous faire du tort le moins du monde; je vous respecte trop pour cela; seulement je ne peux pas m'empêcher de vous dire que je vous aime comme je n'ai jamais aimé personne. »
MADAME DE QUERVaLE.
Eh bien ! Catherine?
CATHERINE
D'entendre un capitaine qui vous parle comme ça, tenez, madame, ça vous remue toujom's. De ma vie je ne m'étais doutée de pareille chose; les paysans n'ont pas ces manières -là. Aussi je mentirais si je disais que ça m'a fait de la peine dans le moment, ç^ me donnait bonne idée de moi au contraire j d'avoir