‹ Proverbes dramatiquesChapitre 159 sur 255 · LA VICOMTESSE, LE COMMANDEUR · texte numérisé non relu

LA VICOMTESSE, LE COMMANDEUR

Mon bon oncle, j'àime mieux vous recevoir ici; il y fait plus chaud.

LE GOltMNDEUR.

Je croîs que je vous ai trouvé un acquéreur pour cet hôteL

LA VICOMTESSE

En vérité! cela m'enchante; car depuis que j'ai décidé de le vendre, il me semble que je ne suis plus chez moi. Avez-vous dit le prix ?

LE COMMÀIfDEUR.

Deux cent quatre- vingt mille francs.

LA VICOMTÏISSB.

Et cela n'a pas effrayé ?

LE COMMANDEUR

Non.

LA VICOMTESSE

Je suis fâchée alors que vous n'ayez pas dit trois cent mille francs, parce que i vingt mille francs de plus m'auraient été fort commodes.

304 LA RANCVIVE.

J'ai dit ce que vous avez toujours dit.

LA VICOMTESSE

Cest juste ; aussi suis-je fort reconnaissante. Mais la vie est si chère aujourd'hui ; les banquiers ont un luxe effroyable.

LE COMMANDEUR

Pourquoi voulez-vous lutter avec eux ?

LA VICOMTESSE

Mon Dieu! mon oncle, ce n'est pas pour moi; vous savez combien je suis philosophe pour toutes ces choses-là; mais si nous ne conservons pas une sorte d'éclat extérieur, on finira par ne plus prendi'e garde à nous. Je ne vends mon hôtel que pour augmenter mon revenu. •

LE COMMANDEUR

Et risquer le capital dans les paperasses publiques.

LA VICOMTESSE

Que voidez-vous ? je n'ai pas d'enfans.

LE COMMANDEUR

Mais vous avez des neveux.

LA VICOMTESSE

Ils ne sont pas intéressés. Et puis aujourd'hui que tout rentre dans l'ordre, ils ne manqueront jamais ni d'emplois ni de faveurs. Quel est le nom de la personne que vous m'ayez trouvée ?

LE COMMANDEUR

C'est la marquise de Saint-Andiol.

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