LE COMMANDEUR, LA MARQUISE
UN DOMESTIQUE, annonçanl.
Madame la marquise de Saint-Andiol.
LA MARQUISE
Ah ! bonjour, monsieur le commandeur. Madame votre nièce n'est pas ici?
LE COMMANDEUR
Elle va venir à l'instant.
LA MARQUISE
Vous m'aviez parlé d'un jardin ; est-ce que c'est cet acacia qui est au fond de la cour derrière la grille ? .
Mais il y a autre chose qu'un acacia ; il y a un peu de gazon, deux ou trois lilas, et des fleurs quand on en fait mettre.
LA MARQUISE
Ce que c'est que l'imagination ! Je m'étais figuré qu'il y aurait de l'air. Le reste me paraît assez bien ; l'escalier est noble; le salon que je viens de traverser a de l'élévation. Ceci est le cabinet de la vicomtesse?
LE COMMANDEUR
C'est l'endroit où elle se tient d'habitude.
LA MARQUISE
Nous allons donc nous reparler aujourd'hui pour la première fois depuis trente ans. Nous avons été très-liées ensemble. Ce sont des fleurs qui nous ont brouillées. C'est une singulière origine pour une querelle de femmes. Vous a-t-elle parlé de cela ?
LE COMMANDEUR
Elle ne m'a pas parlé de fleurs.
LA MARQUISE
J'avais emmené à Hambourg une femme de chambre assez adroite, qui me demanda la permission de faire des modes dans ses momens perdus. Pour varier un peu , elle imagina d'y mettre des fleurs ; c'est devenu commun ; mais alors c'était une chose toute