SCENE II
qui peut lui donner un jour beaucoup de chagrin ?
MADAME LAROCHE
Il suffit que madame Hébert montre de la bienveillance à quelqu'un, pour que vous preniez ce quelqu'un-là en déplaisance.
M. SAINT-UTSIJNT.
Voulez- vous bien m'écouter ?
MADAME LAROCHE
J'aime Raymond, je vous le répété; et quant une fois j'aime quelqu'un , c'est sérieux : il est vrai que quand je déteste
M. SAINT-UTSUMT.
Faites*moi la grâce de m'en tendre. Vous savez qu'à l'âge de seize ans, Jacqueline Grivel n'était encore qu'une simple paysanne.
MADAME LAROCHE
Un M. Hébert, fournisseur, qui l'avait vue à une fête de village, et qui l'avait trouvée fort jolie, ne lui en avait pas demandé davantage pour l'emmener à Paris. Eh bien ?
M. SAINT-UTSUNT.
Ce ne fut qu'après mes instances qu'il l'épousa.
MADAME LAROCHE
Je n'ai pas entendu parler de vos instances ; ce que je sais, c'est qu'à sa mort ce M. Hébert lui a assuré tout son bien par un testament dans lequel il déclarait que sa femme avait fait le bonheur de sa vie,
déclaration assez rare pour qu'on la remarque. Mais qu'est-ce que cela peut avoir de commun avec ce que nous disions?
M. SAINT-UTSUNT. *
Le voici. Avant de faire ce testament nuquel je n'ai pas été étranger, je vous prie de le croire, Hébert, qui était mon ami, me fit venir; et, tout en rendant justice aux qualités de sa femme , o^ pouvant pourtant pas se dissimuler la faiblesse de son caractère, il me pria de veiller, autant qu'il me serait possible, à ce qu*elle n'en fut pas victime.
Si madame Hébert croit tout cela, je ne peux pas l'empêcher; mais je vous demande toujours grâce pour Raymond. Il Êiut penser que cet enfant n'a que madame Hébert au > m onde.
M. SAINT-UTSUNT.
Cet enfant! Ne dirait-on pas qu'il sort de nourrice ?
MADAME HÉBERT
Il n'a que vingt et un ans.
M. SAINT-UTSUNT.
C'est un âge où l'on devrait savoir se conduire.
MADAME LAROCHE
Qu'a-t-il donc fait?
M. .SAINT-UTSUNT.
Il était ici il y a trois semaines, n'est-il pas vrai? £h bien! on m'écrit de son séminaire qu'il vient,