‹ Proverbes dramatiquesChapitre 187 sur 255 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

MADAME HÉBERT

Ëstroe pour m'éproiiv^r que tu dis cela? Soldat! Je ne te fais pas de reproches ; mais devrais-tu me menacer de te faire soldat , après tous les soins que j'ai pris de toi. Tai-je dit que je t'abandonnais? Tu as quelque chose dans la tête, Raymond; si tu ne me le confies pas, tu as tort. Louise le sais peut-être.

KAYMOND.

Mademoiselle Louise ne sait que ce que vous savez.

MADAME HÉBERT

Monsieur Saint-Utsunt a des doutes. < Raymoad fut i»

signe d'Uspatimce treMnaniDej madaiiM Hébert so hftto de l'apaiser. ) Non, HOfi,

Raymond, monsieur Saint-Utsunt ne se doute de rien.

RAYMOND

Cet homme ne cherche qu'à nuire.

MADAME HÉBERT

Paix, Raymond.

RAYMOND

Non, madame, je ne puis pas me taire,

MADAME HÉBERT

Vous allez être cause que je vais vous quitter.

RAYMOND

Je donnerais cent fois ma vie pour vous ; il n^y a pas d'instant où je ne bénisse votre nom ; vous ne pouvez pas vous douter à quel point vous m'êtes thère; mais je suis jeune, mon sang est bouillant j

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348 LE SEAItlVARISTE.

il est possible que je tombe dans quelque faute, et je frémis en pensant qu'on n'attend peut-être que ' cette occasion pour me peindre à vos yeux comme un criminel qui ne mérite pas de pardon.

MADAME HEBERT

Dans quelle faute crois-tu donc que tu tomberas ?

Le sais-je? à mon âge.

MADAME HÉBERT

Ne crains rien : je t'aimerai toujours. (Eiieiui prend la main.) Entcuds-tu? toujours. Commc ta main tremble! Cette agitation n'est pas naturelle. Rassure-tcw, mon ami; je ne t'ai pas grondé. Tu sais bien ce que c'est que des gens qui vous disent que vous êtes responsable de la conduite d'un jeune bômme. On a beau être bien sûr du jeune homme, on ne peut pas s'empêcher d'écouter. Si tu m'aimes, sois persuadé que je t'aime bien aussi , Raymond, et que, quelque chose que tu fasses, tu ne seras jamais un étranger pour moi.

RAYMOND , retenant la main de madame Heliert.

Madame ! répétez-moi que je ne serai jamais un étranger pour vous.

MADAME HÉBERT

Jamais , mon enfant. Mais calme-tpi donc^ Je crois te deviner; il ne faut pas beaucoup de finesse pour cela. Songe cependant que tu es bien jeune. Je ne fais pas d'objection sur ta famille; elle valait mieux

que la nôtre; mais tu n'as pas d'état, on me blâmerait, on me regarderait comme une folle.

RAYMOND

Madame, madame! serait-il possible? Jamais je n'aurais osé concevoir une pareille espérance; croyez qu'elle était à cent lieues de ma pensée.

Prends garde que je ne promets rien. Je dois, avant tout, parler à ma nièce.

RAYMOND

Laissez- moi baiser votre main. (Il baise la main de madame

HelMrt ayec traïuport.)

MADAME HEBERT

Raymond, vraiment, tu es trop exalté. Ce n'est pas ainsi que Yàn traite une affaire sérieuse.

RAYMOND

Comment ne pas perdre la tête, quand vous me donnez une pareille preuve de tendresse?

MADAME HEBERT

Ton costume rend encore cela plus ridicule.

RAYMOND

Je puis en changer à l'instant même. N'ai-je pas conservé les habits de mon père ?

MADAME HÉBERT

Laisse-moi le temps de réfléchir.

RAYMOIfD.

Ne réfléchissez qu'à une chose; ma vie est entre vos mains.

380 LE SBMiNAtlISTÉ.

MADAME HÉBERT, k pmrt, m t'ea «lUat.

Ce n'est en vérité pins le même Raymond.

( Avant do-la laisser aortir, RayiDOnd lai bûse eacore la main.)

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