SCÈNE Ul. 3JS
faif votre chambre sans déranger vos arrangemens , vos livres, vos écritures; les curés n'aiment pas ça. Pour arroser le jardin, vous n'auriez eu besoin de personne ; je suis infatigable. C'est comme pour une vache à soigner, ça ne m'aurait pas fait peur non plus. Ah! toute servante de curé que j'aurais été, je l'aurais fort bien conduite à la corde le long des chemins et dans les fossés de la route. Et pis, une chose à quoi vous ne pensez pas, est-ce que nous n'aurions pas eu toute l'herbe du cimetière ? Y a-t-il un sort comme celui-là ? Vous voulez donc être roi ? Ditesmoi au moins une de vos raisons ; quand vous me faites tant de chagrin, vous me devez ben ça. Il ne doit pas y avoir plus de six mois que vous avez changé d'idées; non, il n'y a même pas six mois. Vous rappelez-vous que vous me disiez: « Ah! Nanette, je te promets.... Ah! Nanette, je te jure..., » Les yeux vous sortaient de la tête. Si je m'y étais fiée, hein?
RAYMOND
Tu ne t'y es pas fiée non plus.
NANETTE
Pourquoi avez- vous changé d'avis ?
RAYMOND
Parce que....
Parce que est une Vaison; mais vous devez en avoir une autre.
RAYMOND
Tu la sauras plus tard.
("•ort.) , VI. 25
HA LE WllINÀftUTE.
SCÈNS XIII.
NAN3ETTE
Si j'avais su écrire^ j'aurais signé que M. RaymoïKi n'aurait jamais la patience d'aller jusqu'au boutj il est trop salpêtre. Je vois Jes autres jeunes gens de séminaire, quand je vas à la ville; ça porte la tête basse, ça ne regarde que de côté. lis ressemblent tou3 à C€^ petits saints qu'on met dans des niches , au lieu que M. Raymond, avec l'air qu'il a, on dirait plutôt d'un évêque que d'un saint. Ce n'est peut-être pas sa faute; mais c'est toujours hç^n malheureux: pour moi.