SCÈNE XVL
ààiHLmÈ HÉBERT, M. SAINT-UTSUWT, madame LAROCKE, RAYMOND.
RAYMOND, en radingoto et «i pwUitoi.
Je vous avais bien dit, madame, qu'il ne tne feudrait pas beaucoup de temps pour ma transformation.
MADAME LAROCHE, le tirant par le httm.
Il ne me regarde sealemecrt pus.
RAYMOND
Oh! pardon, madame Laroche. Comment me trouvez-vous ?
MADAME LAROCHE
Il est à merveille. Il a l'air du bonheur.
RAYMOND, regardant madame Hâiert.
Cela doit être.
M. SAINT-UTSUNT.
Êtes-vous fou , jeune homme ?
RAYliON)).
Plaît-il, monsieur?
M- SAINT-tTSUjrr.
Que signifie ce travesthîsemeTit ?
RAYMOND
On n'est travesti que quand on n'est pas mi;^ comme tout le monde.
3M LE 8£MINABI8TE.
MADAME HÉBERT
J'étais prévenue, monsieur Saint-Utsunt, j'étais prévenue. C'est un enfantillage; c'est pour me faire piaisir qu'il s'est habillé comme cela. (EOe attire RajiBond ^ on coin aa ihâtre. ) Yous auricz dû attendre , Raymond. Mais écouter- moi bien, mon ami; je n'ai pas pu refuser à M. Saint-Utsunt de vous parler en particulier. $i vous m'aimez....
RAYMOND, avec exprescioD,,
Si je vous aime !
MADAME HÉBERT
Vous serez calme.
RAYMOND
Oui, madame. »
MADAME HÉBERT
Vous ne vous emporterez pas.
RAYMOND
Non, madame,
Pour VOUS tranquilliser, je vous avertis qu'il ne sait rien. Ainsi cela reste entre nous.
RAYMOND , transporte de joie.
Oui, oui, entre vous et moi. Qu'ai-je à redouter de lui à présent? Quand on est aussi heureux que je le suis, on peut tout supporter. ^
MADAME HÉBERT
J'ai yotrç parole.
MEBIfi.XVU. 361
RATMOm).
Ck>inptez sur moi.
MADAME HÉBERT, Us k madame Laroche.
Veneï^ Laissons-les ; je n'ai plus d'inquiétude.
StÈNE XVIL M. SAINT-UTSUNT, JRAYMOND.
M. SAINT-UTSUNT.
Vous êtes bien content de vous, monsieur Raymond?
RAYMOND , d'uB air cavaUer.
Très-content, monsieur.
Vous trouvez votre conduite admirable î^
RAYMOND
Pas admirable, mais naturelle. Je ne me sens pas les vertus nécessaires à la profession qu'on voulait me faire embrasser, j'y renonce.
M. SAINT-UTSUNT.
Qui avez-vous consulté pour savoir si vous n'aviez^ pas les vertus nécessaires ?
RAYMOND
L'indépendance de mon caractère, la vivacité demon sang, puisqu'il faut vous le dire.
36ir LE aKHINAJUSTE.
M. SAUfT-imUNT.
£h ! monsieur, sont-ce là des obstacles? Qui vous demandait ces aveux ? £st-il de rigueur qu'un prêtre soit valétudinaire? Beaucoup sont gras et bien portans; leur sang circule plus ou moins rapidement sans qu'ils se soient jamais crus obligés d'en £siire confidence à personne. Tout ici retentit du bruit de vos feux; c'est d'un scandale, d'une inconvenance inouïe.
RÂtYMOin).
Pourquoi, monsieur, cacherais-je plus long-temps que je suis un homme comme un autre, que j'ai le cœur sensible?
C'est sans doute à ces précieuses qualités que vous devez le redoublement d'intérêt que vous témoigne madame Hébert.
RAyMOND.
Tenez, monsieur Saint-Utsunt^ renoncez aux sermons; laissez de côté les remontrances, et confondons nos louanges sur cette femme adorable.
M. SAINT-UTSUNT.
Adorable !
RAYlVOirD.
Si vous l'aimez véritablement, je vous jure que vous serez content de moi.
M. SAINT-UTSUNT.
Que voulez-vous dire?
RAYHOIID, .ivM enilMfias.
Sans porter de robe , ne peut-€m pas avoir une
iCENE xYii. ses
conduite régulière^ exanpte de blâme ^ Vous n'en portes pas 9 vous.
H. aàWT-UTSUIlT.
Ah! jeune homme, jeune homme, que vous^tous repentirez bientôt d^avoir cédé à cet entraînement passager des sens, et de vous être fermé une carrière immense !
RÀYMONB.
Je ne veux pas vous fâcher, monsieur Saint-Utsunt; mais je vous demanderai qu'est-ce que cela vous fait? Vous ne m'avez jamais aimé ,^ c'est une chose convenue.
M. SAINT-UTSUNT.
Pas convenue du tout.
RAYMOND
Quoi ! tout ce que vous avez fait contre moi , c'était par amitié !