‹ Proverbes dramatiquesChapitre 195 sur 255 · M. SAINT-UT3UNT · texte numérisé non relu

M. SAINT-UT3UNT

J'aurais eu un fils, que je n'aurais pas agi autrement pour lui.

RAYMOND

Je suis bien coupable alors , car la vérité m'oWige à vous dire que je ne vous en ai jamais eu la moindre obligation. Dans ce moment-ci , que me voulez-^ vous ?

M. SAINT-UTSUNT.

Vous avez l'esprit élevé, une grande facilité deconception ; c'est une justice que vos supérieurs se plaisent à vous rendre. Ce sont de bons protecteurs

Googk

M4 UE SÉmMARISTE.

avec lesquels il serait peut-être dangereux de rompre trop brusquement. L'incertitude de votre position dans le monde leur avait fiiit espérer que vous continueriez à marcher dans la route qu'ils avaient trar céç devant nous ; elle est infinie. Quelque ambition que vous puissiez avoir, en restant fidèle aux engagemens que l'on vous ferait contracter, vous êtes assuré d'arriver un jour à la position la plus brillante. Répudierez-vous un pareil avenir pour une folie, une amourette, un mariage?

RAYMOND

Quel mariage?

M. SAINT-UTSUNT.

Une vie obscure passée auprès d'une femme aussi simple, aussi nulle que la nièce de madame Hébert.

RATMOIO).

I^ nièce de madame Hébert, sa nièce, dites-vous ? Vous ne savez rien , monsieur Saint-Utsunt.

M. SAINT-UTSUNT.

Je ne sais rien ! , Ce seul mot m'éclaire ; je sais tout.

RAYMOND, avec chaleur.

Non, monsieur; encore une fois, non; vous. ne savez rien. Gardez-vous, monsieur, de donner à vos soupçons un éclat dont vous pourriez vous repentir.

M. SAINT-UTSUNT.

Vous le prenez sur un singulier ton avec moi,, monsieur Raymond !

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