SCENE I
fermages que vous envoyiez à Paris à n^onsieur Lefranc, le tuteur de notre petit monsieur , et pis ça finissait par -là; je faisions du reste ce que je voulions. Quand le château est occupé , si ça a l'air d'une douceur sous un rapport, ça gêne ben d'un autre côté.
GERVAIS
Madelaine a raison ; ça gène beaucoup.
MÂDELAINE.
Sans compter que les paysans ne vous regardent plus de même. Depuis six ans nous avons été les premiers de l'endroit.
M. JACOB
Parlons affaires. Cett^ dame qui est descendue chez moi avec le tuteur de votre jeune naaître arrivera probablement ici sur les deux heures. Avezvous fait tout ce que je vous ai écrit de faire ? Ce salon me paraît en bon état.
GERVAIS
Ah ! tout le reste est de même. Depuis deux jours ma femme n'a pas bougé du château.
MADELAINE
Il y avait tant à nettoyer.
M. JACOB
Est-ce que la mère Chauvel n'entretenait pas cela comme il faut ?
MADELAINE
Ne parlez donc pas de la mère Chauvel. La mère
10 LES HOlVBrEVllS.
Chauvel allai! encore un pea du temps de madame ; mais à présent elle est si vieille ! Elle ne se m:éle plus des choses de ce monde; aussi laissait-elle des toiles d'araignées partout.
M. JAGOB.
Je n'ai pas besoin de vous recommander d'être bien polis avec cette dame.
GERVAIS
Laissez donc, monsieur Jacob, est-ce qu'on n'a pas de savoir-vivre ?
M. JAGOB.
C'est que c'est une dame qui paraît tenir beaucoup à tout cela.
MADELAISTË.
Nos petits gars ont déjà acheté de la poudre pour lui tirer des coups de fusil, comme vous avez fait à monseigneur l'archevêque, quand il est passé à Saint- Martin.
GERVAIS
Bien mieux, le bedeau doit sonner les cloches.
JACOB
Diable !
MADELAU^E.
Il est même question qu'on lui chantera la chanson.
M. JACOB
Quelle chanson ?
GERVAIS
Une chanson qu'on chante depuis in œternum
SCEME II. il
dans le pays à toutes les dames qui tiennent au château.
M. JACOB
C'est à merveille.
GERYAIS.
Mais qu'elle ne nous augiuente pas not' bail, au moins.
MADELAIIïE.
Ça serait trop traître.
M. JACOB
N'ayez pas d'inquiétude.
MADELAII7E.
Tenez, voilà monsieur le baron des Contours qui est déjà venu vous demander ce matin. (Asonmari.) Viens, Grervais.
M. JACOB
Ne vous éloignez pas.
MADELAINE
Non, non, monsieur Jacob.
( Elle sort avec son mari. )