RAYMOND, JULIEN, NANETTE
NANETTE
C'est bien, monsieur Raymond ; \o^ en avez tant Csiit, que voilà madame aussi contre vous à présent.
RAYMOND
Comment sais-tu cela , Nanette ?
NANETTE
Parce que j'ai écouté à la porte. M 'allez pas croire au moine que ce fût par curiosité; c'était seulement pour savoir. De vous marier, je ne trouvais déjà pas ça trop beau, avec l'état que vous avez; quand j'ai cru que c'était avec mademoiselle Louise, j'ai dit: « Allons, p'est de plus fort en plus fort. » Mais, ma fine , ce que je viens d'entendre est le pire de tout.
JULIEN
Nanette, vous avez déjà fsât une indiscrétion en écoutant aux portes ; n'en faites pas une seconde.
NANETTE
Soyez tranquille , monsieur Julien. D'ailleurs , ce ne peut pas être vrai; c'est une invention de monsieur Saint-Utsunt; n'est-ce pas, monsieur Raymond?
JULIEN
Renvoie-la donc, mon ami. Elle va me révéler tes secrets, et ce n'est pas d'elle qjie je dois les apprendre.
378 LE SEiaNAMSTE.
BATMOND, dans l'aUttement.
Qu'elle parle, qu'elle se taise, tout m'est indifférent à cette heure. Le coup est porté. Tétais trop présomptueux. Que vais-je devenir ! Cet espoir s'était emparé de moi avec une violence qui me fait trembler.
VKVETtE, plennnt.
Monsieur Haymond, monsieur Raymond, je vous demande excuse. Monsieur Julien , je vous assure que ce n'est pas ma faute. Depuis ce matin , il y a tant de propos que je suis toujours en alerte. On va jusqu'à dire que monsieur Raymond est sorcier, qu'il portera malheur au village , s'il y reste. Ce n'est pas que ça* me fasse peur à moi; monsieur Raymond est incapable de ces choses-là , si incapable, que je le rencontrerais la nuit auprès des grottes Saint-Ouen, qui sont pourtant bien dangereuses, que je ne ferais seulement pas le signe de la croix. C'est une preuve, j'espère. Mais les autres ne sont pas si raisonnables que moi.
RAYMOND
Je veux savoir ce que pense madame Hébert.
( Allant au - devant de madame Laroche , qui entre sur le théâtre. ) JC SaiS
qu'on cherche à me perdre; a-t-on réussi?
NAIÏETTE, k part.
Il faut que je m'en aille, parce que j'écouterais encore.
(EUesort.)
SCÈKTE YU. 575