SCÈNE V
LES PKÉcéDENS, SAINT-PAUL.
SAINT-PAUL , avec im air de compooctioo.
Ah! madame^ j'ai bien l'honneur de vous souhaiter le bonsoir.
MADAME D£ MÉRIGNY.
De quel ton me dit-il cela !
SAINT-PAUL
Pardon. Je suis si rempli d'émotions....
M. LIÉVEN
A qui en avez-vous, mon cher?
SAIWTvPAUL.
Vous y étiez aussi , je crois ?
MfîWi: V. 4115
M. UËTEIf.
• Quelle fouie , n'est-œ pas ?
SAINT-PAUL
Y avait-il de la foule ?
If. LIÉVEN, rimt.
Ah! ah! ah!
SAINT-PAUL
. De quoi riez-Yous ?
M. LIÉVEN
Eh ! parbleu , de votre question.
SAINT-PAUL
Elle est déplacée. Je vous avoue que je n'ai vu que la scène.
MADAME DE MÉRIGNT.
' Enfin y moi, j'apprends qu'il y avait de la foule.
SAIWT-IPAUL.
Il y en aura k cent représentations , madame. Pour mon compte, je piK>mets bien de n'en pas manquer une.
M. LIÉVEN
C'est du fanatisme.
SAINT-PAUL
C'est tout ce qu'il vous plaira ; mais l'engouement du public ne m'a jamais paru mieux justifié. J'aurais voulu que vous eussiez été au balcon ; imaginez-vous des convulsions, des trépignemens.
M. UÉVEN.
Et la contagion vous a gagné ?
416 LA PREMIERE REPRESENTATIOIV.
SAINL-PIUL.
Je ne trépigne jamais; mais ça aide beaucoup d'être avec dés gens qui sentent vivement. Il y a quantité de beautés qu'on n'apercevrait peut-être pas soi-même , et qui vous frappent d'autant plus qu'on vous les fait remarquer. '
M. UÉVEN.
Vous êtes justement la personne que cherche madame. Voyons, faites-nous un récit dans les règles. ,
MADAME HERFORT
Quoique j'aie vu la pièce, je ne serais pas fâchée de l'entendre analyser avec suite.
M. LIÉVEN
Surtout par quelqu'un qui l'a écoutée en conscience, à ce qu'il paraît. '
SAINT-PAUL
D'abord les costumes sont magnifiques.
M. LIÉVEN
C'est vrai. Ensuite.
SAINT-PAUL
Ensuite ?
M. LIÉVEN
Oui, ensuite.
SAHiT-PAUL.
Faut- il vous dire le nom de tous lesacteure, et de quel rôle chacun était chargé ?
M. LIÉVEN
Passez.