‹ Proverbes dramatiquesChapitre 218 sur 255 · GENE IV · texte numérisé non relu

GENE IV

M. LIÉVEN

Mais non. Les acteurs eux-mêmes ont perdu la tradition de ces enflures de voix , de ces airs gourmés qui faisaient pâmer nos pères ; ils sont plus à Taise dans les rôles qu'on leur fait à présent , parce qu'ils sont plus vrais , et que, pour les bien rendre , on n'est pas GÎ>ligé de se jeter dans des combinaisons idéales.

MADAME DE M^IHIGNY.

Vous avez beau jeu avec des femmes pour soutenir la thè^e que vous soutenez; mais, sans pouvoir vous répondre, je sens bien que je ne suis pas convaincue du tout.

MADAME HERFORT

Moi, je commence à comprendre. Je vous avoue, monsieur Liéven , qu'avant de savoir tout cela , vous m'aviez paru presque exagéré dans vos applaudissemens ; mais dès que vous étiez avec madame votre sœur

MADAME DE MÉRIGNY.

Contez-moi donc au moins quelque chose; je ne vous donne à souper qu'à cette condition-là.

M. LIÉVEN

Je n'ai jamais su raconter une pièce.

MADAME HERFORT

Ni moi.

MADAME DE MÉRIGNY.

Comment! de tout cet enchantement il ne vous reste rien à dire ? C'est de la folie.

M. LIÉVEN

N'appelez pas cela de la folie ; c'est de la franchise.

414 LA PREMIERS REPRESENTATIOIf.

Vous voulez que je me mette au pis-faire pour ne rien oublier d'une représentation aussi longue ; que jc/vous la fasse voir, pour ainsi dire, comme si vous y eussiez été vous^nême.

MADAME DE MÉRTGNY.

Vous êtes insupportable. Qui est-ce qui vpus parle de me faire voir la représentation sans en rien oublier? y avait-il beaucoup de toilettes? quelles étaient les femmes de ma connaissance qui étaient là? avec qui étaient-elles? Vous pouvez bien me répondre làdessus au moins.

^ . M. IJÉVKIÎ.

S'il ne s'agit que de cela, il est aisé de vous satisfaire. Il y avait déjà Saint-Paul, que voici.

Page 1