SCÈNE II
loger autre part que dans ma maison. Comme depuis vingt ans qu'il y est, les loyers sont augmentés^ et que je n'ai jamais voulu entendre ce qu'il m'a dit là-dessus, il a chargé son domestique de lui chercher en cachette un autre logement.
VICTORINE
Quoiî ma bonne maman, monsieur du Rosnay quitterait votre maison?
, MADAME CARRÉ
Ah ! ah ! ma chère enfant, il y a des petites délicatesses de fortune, de fierté.... C*est un ^i digne, un si brave homme !
MADAME DUBREUJL.
V " Monsieur du Rosnay d'un côté , ma mère de l'autre f vous mourriez tous les deux.
MADAME CARRÉ
Il serait bien avancé dans une maison étrangère. Quoique son domestique soit dans mes intérêts, on HQC se fait pas une idée de tout ce qu'il faut inventer pour le tromper, tant il craint d'avoir des obligations à qui que ce soit. Je l'ai pourtant apprivoisé depuis quelque temps avec monsieur Dutheil, mon médecin ; il consent à lui parler un peu de sa santé. Mais que de peines pour en venir là !
MADAME DIJBREUIL.
A-t-on enfin augmenté sa pension de retraite ?
Gh bien oui ! Tu connais monsieur du Rosnay , jamais il ne saura faire de démarches pour lui.
MADAME DCBREUIL.
Il doit être cependant serré de près dans sa fortune.
MADAME CARRÉ
Il ne s'en doute pas. C'est mon secret. SCÈNE III.
MADAME carré; madame DUBREUIL , VICTORINE, MONSIEUR DU ROSNAY.
UN DOMESTIQUE, anaonçant.
Monsieur le comte du Rosnay.
(Il sort.) M. DU ROSNAY. ^
Bonsoir, mesdames. Bonsoir, mademoiselle Vie-
torine. ' .
madame carré.
Regardez-moi donc, monsieur du Rosnay. Il me semble que vous êtes bien rouge.
M. DU ROSNAY , \ madame DabreuU.
' ' Est-ce que je suis rouge?
MADAME DUBREUIL
Mais non , maman.
MADAME CARRÉ
Vous avez peut-être eu trop chaud chez monsieur de Mordon?
M. DU ROSNAY
On a eu soin de moi comme si vous eussiez été là. Que c'est bon de vieux amis, madame Carré!