DUBREUIL, M. DE BRETIGNAC, VICTORINE
MADAME DUBREUJL.
Maman, je vous présente monsieur le comte de Bretignac.
( Madame Carrf' et M. t\e Bretignac se salucitr. )
SCÈIVC VI. 4S0
MADAME CARIÉ , li madane Diibreuil.
. Ma bonne amie, que fait monsieur du Rosnay ?
MADAME DUBREUIL
11 cause avec différentes personnes , maman.
MADAME GAHRÉ.
Il cause; ah ! tant mieux.
MADAME DE GRÉDICOURT.
Monsieur le comte, ne m' avez- vous pas dit que vous aviez rencontré ces jours derniers quelqu'un qui vous avait parlé de madame Carré ?
M. DE BRETIGNAC.
C'est madame la marquise de Valigny.
MADAME CARRÉ
Je suis très-^econnaissante de son souvenir. C'est une des personnes à qui mon mari aimait le mieux avoir affaire. A-t-elle toujours ses beaux bois du Morvand ?
M. DE BRETIGNAC.
Je ne pourrais pas vous le dire, madame.
MADAME CARRÉ
Pendant vingt ans, monsieur Carré en a acheté presque tontes les coupes.
MADAME DUBREUIL, riant d'uD air contraint.
Vous salirez, monsieur de Bretignac, que maman est très-fière d'avoir été marchande de bois.
MADAME CARRÉ
Il faut bien être fier de quelque chose. D'ailleurs ^ ma fille, entre madame de Valigny et nous, c'était elle qui était la marchande.
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M. DE BRETIGNAC
Madame a raison, he commerce des bois doit être...
MADAME CARRÉ
Fort désagréable , monsieur, surtout dans les cornmencemens, quand on veut tout voir par soi-même et qu'on reste depuis huit heures du matin jusqu'à la chute du jour...
MADAME DUBREUIL
Maman, ce sont des détails..,
M. DE JBRETIGNAC.
Qui sont très-intéressans pour moi je vous assure.
MADAME CARRÉ
Non, ce n'est pas fort intéressant; mais, quand on ne se connaît pas, c'est une conversation comme une autre.
MADAME DUBREUn..
Maman, monsieur le comte m'a priée de vous demander pour lui la permission de vous rendre une visite.
MADAME CARRÉ, ave« embarras.
Monsieur, assurément... Es|t-ce que monsieur du Rosnay ne viendra pas par ici , madame Dubreuil ?
MADAME DUBREUHi, h^ k su mère.
Maman, vous n'avez pas besoin de monsieur du Rosnay pour répondre à monsieur le comte.
MADAME CARRÉ
Madame de Valigny doit avoir une fille mariée, ce me semble , une demoiselle Clara ? A-t-elle fait un bon mariage?
M. DE BRETIGNAC. ^
Vous avez une mémoire excellente, madame. Quoi-
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que fort riche, elle a épousé un homme sans fortune.
MADAME CARRE
C'est extraordinaire. Madame de Valigny est pourtant une personne raisonnable.
(Madame Dubreail tire madame Carre par sa robe d*an côle'yViclorine la tire de l'autre.) MADAME DE CRÉDICOURT.
Et c'est parce qu'elle est raisonnable qu'elle n'a pas voulu faire le malheur de sa fille, qui aimait beaucoup le jeune homme qu'elle a épousé.
MADAME CARRE
Il faut que je parle à Victorine.
( Elle attire Victorine k un'coin du théâtre.; MADAME DUBREUIL, bas k M. de Bretignae.
Maman n'y entend pas plus de finesse , il faut vous y accoutumer.
MADAME CARRÉ, k Victorine.
Tu me fais faire le plus sot métier du monde. Je ne veux pas m'engager que tu ne m'aies dit ton dernier mot. Qu'en penses-tu ?
VICTORINE
Dame ! maman , ne vous paraît-il pas aimable ?
MADAME CARRÉ
Il faudrait qu'il fût bien maladroit pour ne pas le paraître au moins aujourd'hui. Mais enfin renonces-tu à monsieur Edouard ?
VICTORINE
Bonne maman , que feriez-vous à ma place ?
MADAME CARRÉ
C'est impatientant, ma chère amie. J'ai peur que tu ne sois indécise comme moi, et légère comme ta mère. (Haut.) Je vais au salon.
46« LA BOMBfE MAMAN.