SCÈNE XI
MADAME CARRÉ, MORSI£UB DUROSNÂY.
\ MADAME CARRE
Vous avez toujours aimé Edouard , c'est une justice que je puis vous rendre. J'avais une frayeur horrible en ouvrant cette lettre. Voyez donc, an moment où Victorine venait de me prier de la dégager avec monsieur de Bretîgnac , si Edouard eût rompu de son côté ! O mon Dieu !
(Elle ses laisse tomber sur un si^ge ta mettant se nttias deyaat sa figure.)
480 LA BONNE HAHAN.
M. DU BOSNAY.
Bien ! &ites-vous du mal à plaisir.
C'eût été affreux !
M. DU ROSIÏAY.
Quand les choses s'arrangent comme vous le désirez, à quoi sert de supposer ce qui serait arrivé si elles eussent tourné autrement?
MADAME CARRÉ
On n'est pas maîtresse de cela, monsieur du Rosnay.
M. DU ROSNAY
Il faudrait pourtant en être maîtresse, madame Carré. Quoique je sois censé le plus • calme de nous deux, il n'en est pas moins vrai que vous n'avez pas une agitation sans que je ne la partage. Épargnezmoi du moins celles qui sont inutiles.
MADAME CARRÉ, se levant.
Serait-il possible, monsieur du Rosnay? Vous ne m'aviez jamais dit cela. Comment, depuis tant d'années, vous avez partagé toutes les agitations que j'ai eues? Vous avez dû me trouver bien égoïste.
M. DU ROSNAY
Je croyais toujours que vous vous corrigeriez.
MADAME CARRÉ
Mais non, je vous trouvais l'air si impassible que je ne me gênais pas. J'espérais même quelquefois vous amener à fermenter avec moi.
M. DU ROSNAY
Je fermentais en dedans.