MADAME DE SEI^MAR
Mais y mon oncle, pourquoi ne voulez- vous pas entrer 4ans te salon ?.
M. DRAVEL.
Parce que ma condition, en venant c% soir chez toi, a été que le ferais ce que je voudrais, et que ce que je veux est de rester seul dans cette pièce, au coin du feu, tandis que vous écouterez votre sermon.
MADAME DE SELMAB.
Vous auriez aussi chaud là-dedans qu'ici , et vous y verriez du monde, de jolies femmes , des parures.
M. DRAVEL.
Cela ne me tente pas.
MADAMIÇ DS S[ELMAE.
Je crains qu'on ne vous trouve un peu extraordinaire.
M. DRAVEX.
Eh bien ! je vous trouverai un peu extravagans, et nous serons quittes.
MAJ>AUE DE SELMiJI.
En quoi extravagans?
M. DRAVEL.
Je te Taî déjà dit l'autre jour. Pai*ce que tu as su que quelques personnes avaient donné des sermons, tu as voulu avoir le tien; c'est fou. Cette prédication «n chambre a lair d'une parodie. Manque-t-on de sermons quand on a ce goût-là? Qu est-il nécessaire d'en attirer chez soi?
MADAME DE SELMAR.
C'est y jusqu'ici^ la manière la plus distinguée de passer une soirée, et vraiment, mon oncle, la moins coûteuse. Le prédicateur a toujours une œuvre pour laquelle il fait une quête ; cela ne vous regarde pas. Votre société en fait les frais. Vous n'avez besoin ni de tapissier, ni de décorateur, comme pour un bal, un concert ou des proverbes; pas de répétitions; vous n'avez affaire qu'à un seul homme. C'est comme une lecture, et c'est d'un style beaucoup plus relevé.
M. DRAVEL, avec gaieté.
Tu n'as pas le sens commun.
MADAME DE SELMAR.
Plus que vous ne croyez, mon oncle. Celé se sait en haut, et y fait très-bon effet.
Je commence à comprendre.
MADAME DE SELMAR.
Mon mari est un excellent homme; mais quand