SCENE I
on a dit cela, on a à peii près tout dit. Si je puis donner à notre maison un léger vernis de dévotion , nous aurons plus de facilité pour obtenir quelque chose qui nous tenterait assez dans pe moment-ci.
M. DRAVEL.
Ah! tu en es déjà là?
MADAME DE SELMAR.
C'est le fruit de l'expérience , mon cher oncle. Je ne voyais que des gens qui me disaient: « J'espère,, madame de Selmar, que vous aurez le courage de résister à la contagion. Vous êtes trop franche pour vous affubler d'aucun masque; d'ailleurs que pouvez-vous désirer? votre position est parfaite....» Et au bout de quelque temps, tous ces gens-là étaient dévots et placés. Ils ne parlaient ainsi que pour diminuer la concurrence; on assurait même qu'ils se moquaient de ma crédulité. C'était trop fort. Ce petit prédicateur est venu à me tomber sous la main ; il cherchait à se faire connaître, moi aussi : voilà l'histoire de mon sermon.
M. DRAVEL.
Tout naturellement.
MADAME DÉ SELMAR.
Mon Dieu , oui !
ee LE SERMON DE SOCIETE.