SCENE XII
M. ÉMERT.
Vous me l'aviez dit.
MADAME EMERT.
J'étais mal placée pour la voir.
L'idée pouvait être \ bonne ; mais elle a été mal amenée. Il était évident que c'était un placage.
MADAME ÉMERY
Ah ! ce ne pouvait être amusant que pour les personnes qui étaient dans le SeCrÇt. (Mademoiselle Verdier apporte le carton , et en retire un chapeau fort élégant. ) Si le prédicatCUr
voyait ce chapeau-là, c'est pour le coup qu'il crierait à la vanité.
Ce n'est pas de la vanité; c'est de la nécessité. Une femme ne peut pas aller au bal en toilette de sermon.
MADAME EMERY, metUnt son chapeau.
Je suis persuadée que les gens d'église s'imaginent qu'il y a dans les plaisirs du monde une jubilation infinie.
Ne vous figurez donc pas cela. La plupart savent fort bien à quoi s'en tenir; aussi, pour changer, donnent-ils de très-bonne heure dans l'ambition.
MADAME ÉMERY, ù mademoiselle Verdier.
Voyez donc, mademoiselle, il me semble que cette plume va tout de travers.
dO LE SERMON DE SOCIÉTÉ.
MADEMOISELLE VERDIER
Et à présent, madame?
MADAME ÉMERY
C'est un peu mieux ; mais elle a été mal posée dans le principe, (a «on mari.) Monsieur Émery, j'y pense ^ est-ce que nous nous en irons sans avoir donné à la quête ?
MADEMOISELLE VERDIER
Mon Dieu ! madame , je vous demande pardon ; mais si madame voulait au moins aussi bien employer son argent, il y a un pauvre petit Savoyard —
Tout cela, ce sont des longueurs, (a» femme.) Avezvous fini, ^a femme ?
MADAME ÉMERY, arrangeaDt ses cheveui.
Je suis à vos ordres.
Partons. Bonsoir, monsieur Dravel; ne nous.jugez pas sur ce que nous allons au bal : c'est une grande complaisance de notre part.
MADAME ÉMERY , toujours occupée de sa coifTure.
Il est bien certain que j'aurais autant aimé rester jusqu'à la fin du sermon, surtout avec une plume comme celle-là, qui a juré de ne pas vouloir aller comme il faut; c'est un supplice. Bonsoir, monsieur Dravel.
( Elle sort avec son mari. )