SCÈNE XIII
M. DRAVEL, MADEMOISELLE VERDIER.
MADEMOISELLE VERDIER
Voilà un mari et une femme qui sont bien d'accord ensemble. Ils n'ont voulu m'écouter ni l'un ni l'autre.
Votre persévérance mériterait un meilleur succès , il faut en convenir.
MADEMOISELLE VERDIER
Si je n'avais pas ma sœur dont les deux enfans sont malades, et qui, par conséquent, ne peut pas travailler, je n'aurais pas perdu tant de paroles. Mais il est censé qu'on se doit d'abord aux siens , et je ne suis pas assez riche pour faire tout ce que je voudrais faire.
M. DRAVEL.
Bonne mademoiselle Verdier.
MADEMOISELLE VERDIER
Je suis terrible pour m'attacher, moi, monsieur; c'est un défaut que j'ai. Mais comment ne pas admirer un enfant qui pouvait tourner si mal et qui tourne si bien? A cent cinquante lieues de son pays, sans parens, sans personne pour le surveiller! Us lui ont persuadé, à la cuisine, qu'il ne fallait pas qu'il se chagrinât, parce qu'il pourrait tomber malade.
os LE SERMON BE SOCIETE.
et que ce serait encore pis; de sorte que ce pauvre enfant, qui est accoutumé à obéir, s'efforce de sourire quand on le regarde ; mais il est aisé de voir que le diable n*y perd rien. Il y a toujours dans ses yeux de grosses larmes qui font une peine....
M. DRAYEL.
Il est donc dans la cuisine ?
MADEMOISELLE YERDIER.
Depuis ce matin , on Fa laissé dans un coin de la cheminée , où il claque des dents comme s'il avait la fièvre ; il l'a peut-être seulement. Je n'ai pas osé m'en assurer , de peur de lui donner de l'inquiétude. Il ne veut pas manger, lui qui a toujours si bon appétit.
M. DRAVEL.
OÙ pourrais-je avoir du bois ?
MADEMOISELLE VERDIER
Du bois , monsieur? je vais vous en faire apporter.
( Elle va k la porte da salon qu'elle entr'onvre} après avoir e'coute' quelque temps , elle
revient auprès de M. Dravei. )Bon , il u'y aura pas d'iuterruption; le prédicateur vient d'annoncer qu'il allait passer tout de suite à son troisième point. Je puis faire votre commission.
(Elle sort.)