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SCÈNE XIX

M. DRAVEL, MONSIEUR et MADAME DE CAMBROUZE, MADAME DE VERSEUIL.

MADAME DE YERSEUIL, ^ madame de Cambroase.

On prétendait que vous étiez partie, madame.

MADAME DE CAMBROUZE.

Pour aller où ? à cette heure-ci ! D'ailleurs , ne faut-il pas que je remercie madame de Selmar, à qui je n'ai dit qu'un mot en passant , sur la charmante soirée qu'elle nous a donnée?

MADAME DE YERSEUIL.

Cela lui fera beaucoup d'honneur.

MADAME DE CAMBROUZE.

Au dernier degré. Quant à moi, je ne veux pas m'en taire; et qu'elle le veuille ou qu'elle ne le veuille pas, d'ici à quelques jours son sermon fera grand bruit , je puis vous en répondre.

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M. DE CAMBROUZE.

Nous lui devons cela» Le choix de ce prédicateur est un des plus heureux qu'elle pouvait faire.

MADAME DE VERSEUIL, avecmaUce.

Il aurait pu seulement se dispenser de parler toilette.

MADAME DE CAMBROUZE.

Pourquoi donc? Je ne sais pas trop ce qu'il a dit; mais, devant des femmes , cela ne manque pas de galanterie ,* ce me semble.

MADAME DE VERSEUIL

Vous me faites plaisir d'en avoir jugé ainsi; c'était la seule chose qui m'eût chiffonnée , d'autant que , pour son compte, le petit jeune homme ne manque pas de coquetterie. Sa robe ^t d'une finesse et d'uh noir.... Dieux! que ce serait joli pour un deuil de veuve!

MADAME DE CAMBROUZE.

Je n'y ai pas pris garde; j'ai la vue si délicate! On n'ose pas trop lorgner un prédicateur.

MADAME DE VERSEUIL

Tout comme autre chose.

MADAME DE CAMBROUZE.

Oh mais ! j'ai un moyen pour voir sa belle robe de près. Il doit la mettre dans toutes les grandes circonstances; je l'inviterai à la soirée de jeudi.

MADAME DE VERSEUIL

Prenez gardé, si c'est un bal.

MADAME DE CAMBROUZE, arec enjo

Curieuse! non, ce n'est pas un bal.

MADAME DE YERSEUIL.

Ostensiblement , un prêtre ne peut pas aller partout.

MADAME DE GAMBKOUZE.

Il pourra venir à ma soirée ; il y sera fort en place, très en place, plus en place que partout ailleurs.... Je ne veux rien dire.

M. DE CAMBROUZE.

Non , mais vous brûlez de parler.

MADAME DE CAMBROUZE.

Ce que nous venons d'entendre est sublime, si l'on veut, édifiant, charmant, on ne peut pas plus agréable; j'ai toujours aimé à rendre justice à ce qui est joli ; mais j'ose me flatter que je serai beaucoup plus piquante, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de comparaison. Des sermons , bons ou mauvais, ne sont jamais que des sermons, au lieu que.... (Eiie regarde m. de

Camlwouze. )

M. DE CAMBROUZE.

Achevez. Vous vous êtes trop avancée pour en rester là.

madame DE CAMBROUZE.

Imaginez-vous qu'on me mitonne depuis plus d'un lùoisune petite possédée de dix-huit ans, jolie comme les amours, et que c'est elle qu'on doit m'exorciser jeudi dans ma salle de billard , que je Ëtis arranger tout exprès pour cette cérémonie.

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